Accord universel juridiquement contraignant limitant le réchauffement à 2°C, signé par 195 pays sous présidence française à la COP21.
L'Accord de Paris, adopté le 12 décembre 2015 lors de la 21e conférence des parties (COP21) tenue au Bourget sous présidence française, est le premier accord universel et juridiquement contraignant sur le climat. Il engage 195 pays à contenir le réchauffement climatique « bien en dessous de 2°C » par rapport aux niveaux préindustriels, avec un objectif de 1,5°C. Chaque pays s'engage à soumettre des contributions déterminées au niveau national (CDN) révisées tous les cinq ans avec un mécanisme de « cliquet » (ambition croissante). L'accord prévoit un objectif de neutralité carbone dans la seconde moitié du XXIe siècle et un mécanisme de financement de 100 milliards de dollars par an pour les pays en développement.
L'échec de la COP15 de Copenhague en 2009 avait été un traumatisme diplomatique. Depuis, les rapports du GIEC sont de plus en plus alarmants. L'année 2015 est la plus chaude jamais enregistrée. La France, hôte de la COP21, engage un effort diplomatique massif depuis 2013, avec la nomination de Laurence Tubiana comme ambassadrice climat et un travail de coalition avec les pays les plus vulnérables.
Reforme
Accord de Paris COP21
décembre 2015
« Engagement n° 42 : « Je soutiendrai la conclusion d'un accord-cadre ambitieux lors de la conférence climat prévue en 2015 » »
Source : 60 engagements pour la France, François Hollande, 2012
Écart entre promesse et réalisation
Promesse pleinement tenue et dépassée : l'accord obtenu est plus ambitieux que ce que la plupart des observateurs jugeaient possible, incluant la référence à 1,5°C.
Premier accord climatique universel engageant 195 pays, créant un cadre juridique international pour la lutte contre le réchauffement climatique
Rayonnement diplomatique exceptionnel pour la France, reconnue comme leader de la diplomatie climatique mondiale
L'accord a accéléré les investissements mondiaux dans les énergies renouvelables et les technologies propres, avec un record de 360 milliards de dollars d'investissements en 2016
Les engagements nationaux (CDN) cumulés mènent à un réchauffement de 2,7°C à 3,1°C, bien au-dessus de l'objectif de 2°C
L'accord ne comporte pas de mécanisme de sanction en cas de non-respect des engagements, le rendant juridiquement contraignant mais politiquement non coercitif
Le retrait des États-Unis annoncé par Donald Trump en juin 2017 a fragilisé l'accord mais a paradoxalement renforcé le leadership européen et chinois sur le climat
L'Accord de Paris engendre un mouvement mondial de contentieux climatiques : des citoyens et ONG invoquent les engagements de l'accord devant les tribunaux nationaux pour contraindre les États à agir. En France, l'« Affaire du Siècle » aboutit en 2021 à la condamnation de l'État pour inaction climatique par le tribunal administratif de Paris, première décision de ce type créant une jurisprudence contraignante
L'Accord de Paris est un moment historique de la diplomatie multilatérale, comparable à la Déclaration universelle des droits de l'homme. Pour la première fois, l'humanité s'engage collectivement contre le réchauffement climatique. Le mécanisme de révision quinquennale avec ambition croissante crée une dynamique vertueuse. La référence à 1,5°C est une victoire des petits États insulaires et un signal fort pour les investisseurs. [Donnees factuelles : L'accord a accéléré les investissements mondiaux dans les énergies renouvelables et les technologies propres, avec un record de 360 milliards de dollars d'investissements en 2016 : 312 → 360 milliards USD.]
L'Accord de Paris est une coquille vide diplomatique. Les engagements ne sont pas contraignants, il n'y a pas de sanction, et les CDN cumulées mènent à 3°C de réchauffement. La France, hôte et promotrice de l'accord, n'a elle-même pas respecté sa trajectoire d'émissions. L'accord donne l'illusion de l'action climatique tout en permettant le maintien du statu quo économique.
CCNUCC — Rapport de la COP21, Paris 2015
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