Référendum d'autodétermination en Algérie et proclamation de l'indépendance le 5 juillet 1962, mettant fin à 132 ans de présence française.
Les accords d'Évian, signés le 18 mars 1962 sous le gouvernement Debré, sont mis en œuvre sous le gouvernement Pompidou. Le référendum d'autodétermination du 1er juillet 1962 en Algérie donne 99,72 % de oui à l'indépendance. La République algérienne est proclamée le 5 juillet 1962. En métropole, le référendum du 8 avril 1962 approuve les accords d'Évian à 90,81 % des suffrages. La mise en œuvre s'avère chaotique : les garanties prévues pour les Européens d'Algérie (maintien sur place, double nationalité, protection des biens) ne sont pas respectées face aux violences de l'été 1962. L'OAS intensifie ses attentats, le FLN ne contrôle pas toutes ses factions, et un exode massif des pieds-noirs se produit dans des conditions dramatiques. Le cessez-le-feu est régulièrement violé, notamment lors du massacre de la rue d'Isly (26 mars 1962) et du massacre d'Oran (5 juillet 1962). Le gouvernement Pompidou doit gérer simultanément l'accueil de centaines de milliers de rapatriés et la liquidation de la présence française en Algérie.
La guerre d'Algérie dure depuis novembre 1954. De Gaulle, revenu au pouvoir en 1958 en partie grâce au soutien des partisans de l'Algérie française, évolue progressivement vers l'autodétermination puis l'indépendance. Les accords d'Évian sont signés le 18 mars 1962 sous le gouvernement Debré, mais c'est le gouvernement Pompidou (entré en fonction le 14 avril) qui gère la transition effective, le référendum algérien et les conséquences humaines massives de l'indépendance.
Reforme
Indépendance de l'Algérie
juillet 1962
« De Gaulle avait promis le droit à l'autodétermination du peuple algérien dès son discours du 16 septembre 1959, après avoir longtemps entretenu l'ambiguïté sur ses intentions. »
Source : Discours télévisé du 16 septembre 1959
Écart entre promesse et réalisation
L'évolution vers l'indépendance pure a déçu les partisans de l'Algérie française qui avaient porté de Gaulle au pouvoir. Les garanties pour les Européens d'Algérie n'ont pas été tenues.
Fin d'un conflit meurtrier ayant causé entre 300 000 et 400 000 morts côté algérien et 25 000 morts côté français
Libération de ressources budgétaires et humaines permettant la modernisation économique de la France dans les années 1960
Exode de près d'un million de pieds-noirs dans des conditions dramatiques, traumatisme collectif durable
Abandon des harkis : entre 60 000 et 80 000 supplétifs musulmans de l'armée française sont massacrés après l'indépendance, la France ayant largement interdit leur rapatriement
Création de l'OAS et vague d'attentats en métropole, dont l'attentat du Petit-Clamart contre de Gaulle (22 août 1962), qui servira de catalyseur au référendum sur le suffrage universel
Naissance d'un contentieux mémoriel franco-algérien durable : la question de la reconnaissance des crimes coloniaux, du sort des harkis et du statut des « événements » (guerre ou opérations de maintien de l'ordre) empoisonnera les relations diplomatiques pendant plus de soixante ans et alimentera les tensions identitaires en France même, notamment au sein de la diaspora algérienne
Transformation démographique de la France : les rapatriés d'Algérie, puis l'immigration de travailleurs algériens qui se poursuit massivement dans les années 1960-1970, modifient durablement la composition sociale du sud de la France et nourrissent les recompositions électorales (vote FN en PACA)
L'indépendance algérienne était inévitable dans le contexte de décolonisation mondiale, et les accords d'Évian ont permis de mettre fin à un conflit qui avait coûté des centaines de milliers de vies humaines et consumé les ressources de la France depuis huit ans. De Gaulle a eu le courage politique exceptionnel de reconnaître le droit des peuples à l'autodétermination contre sa propre base politique, au péril de sa vie (attentat du Petit-Clamart). La fin de la guerre a libéré la France de l'impasse coloniale et lui a permis de se consacrer à sa modernisation économique, à la construction européenne et à l'affirmation de son rang international. L'intégration réussie du million de rapatriés témoigne de la vitalité de la société française.
Les accords d'Évian constituent l'un des plus grands manquements à l'honneur de la République française. Les garanties solennellement promises aux Européens d'Algérie — droit de rester, protection des biens, double nationalité — ont été bafouées par le FLN dans l'indifférence complice de Paris. L'abandon des harkis, ces dizaines de milliers de supplétifs musulmans qui avaient combattu pour la France, est un crime d'État : des ordres ont été donnés pour empêcher leur rapatriement tandis qu'ils étaient massacrés. De Gaulle a trahi sciemment ceux qui l'avaient porté au pouvoir et abandonné des populations entières qui avaient fait confiance à la parole de la France, laissant des blessures non cicatrisées plus de soixante ans après. [Donnees factuelles : Exode de près d'un million de pieds-noirs dans des conditions dramatiques, traumatisme collectif durable : null → 900000 personnes.]
Texte des accords d'Évian du 18 mars 1962
Histoire de la guerre d'Algérie (1954-1962)
1962, l'arrivée des pieds-noirs
L'Espérance trahie (1958-1962)
Conseil constitutionnel — Resultats du referendum
Source de verification : Conseil constitutionnel
675 réformes vérifiéesvia Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources