Négociations tripartites aboutissant à une hausse du SMIC de 35 %, des augmentations de salaires de 10 %, et des avancées syndicales majeures.
Les accords de Grenelle, négociés les 25, 26 et 27 mai 1968 au ministère des Affaires sociales (rue de Grenelle) entre le gouvernement (Georges Pompidou, Jacques Chirac secrétaire d'État à l'Emploi), le patronat (CNPF) et les confédérations syndicales (CGT, CFDT, FO, CFTC, CGC), constituent le volet social de la résolution de la crise de Mai 68. Les mesures principales sont : hausse du SMIG de 35 % (de 2,22 F à 3,00 F de l'heure), augmentation générale des salaires de 10 % en deux tranches (7 % au 1er juin, 3 % au 1er octobre), engagement de réduire la durée du travail vers 40 heures, paiement partiel des jours de grève, et reconnaissance de la section syndicale d'entreprise. Le protocole n'est pas formellement signé — la CGT le rejette car la base ouvrière le juge insuffisant — mais ses dispositions sont appliquées par voie réglementaire et législative dans les mois suivants. Ces accords marquent la plus grande hausse du pouvoir d'achat ouvrier depuis la Libération.
Mai 1968 : le mouvement étudiant démarré à Nanterre début mai se transforme en grève générale à partir du 13 mai. Dix millions de travailleurs cessent le travail, la France est paralysée. De Gaulle semble dépassé. Pompidou, rappelé d'un voyage officiel en Afghanistan, prend en main les négociations et réunit patronat et syndicats rue de Grenelle. La négociation dure trois jours et trois nuits.
Reforme
Accords de Grenelle
mai 1968
Mouvements sociaux
Reaction de la societe civile a cette reforme
Mai 68
1968-05-03 → 1968-06-30 (58 jours)
Cause
Crise sociale et culturelle generalisee — revendications salariales, democratie universitaire, liberation des moeurs
Plus grande greve generale de l'histoire de France. Partie des universites, etendue a toute l'economie. Accords de Grenelle (+35% SMIG, section syndicale). Dissolution de l'Assemblee, victoire gaulliste aux legislatives.
~ Justification debattue
Debattu. Les revendications salariales etaient reelles (SMIG en retard sur la croissance), mais le mouvement a aussi servi de levier a des revendications politiques et culturelles qui depassaient le cadre du travail. Les accords de Grenelle ont coute l'equivalent de 4 points de PIB et ont contribue a l'inflation des annees 1970. Le PIB/habitant francais, superieur a celui de l'Allemagne avant 1968, a commence a decrocher apres — correlation, pas causalite prouvee.
Source : INSEE — Evolution du SMIG/SMIC, series historiques
Hausse historique du SMIG de 35 %, la plus forte augmentation jamais accordée, relevant le salaire minimum horaire de 2,22 F à 3,00 F
Augmentation générale des salaires de 10 %, améliorant significativement le pouvoir d'achat de millions de travailleurs
Reconnaissance de la section syndicale d'entreprise, ouvrant la voie à la loi du 27 décembre 1968 sur l'exercice du droit syndical
Paiement partiel des jours de grève (50 %), concession sans précédent qui reconnaît la légitimité du mouvement
Poussée inflationniste consécutive aux hausses de salaires : l'inflation atteint 6,5 % en 1969, contre 4,5 % en 1967
Dégradation de la compétitivité des entreprises françaises due à la hausse brutale des coûts salariaux, contribuant à la dévaluation du franc en août 1969
Les « accords de Grenelle » deviennent un modèle de référence pour la résolution des crises sociales en France, le terme « Grenelle » désignant désormais toute grande négociation multipartite (Grenelle de l'environnement 2007, etc.)
Création du SMIC en 1970 (remplaçant le SMIG), indexé sur la croissance et non plus seulement sur les prix, conséquence directe de la dynamique salariale de Grenelle
Les accords de Grenelle représentent la plus grande avancée sociale depuis 1936 : hausse massive des bas salaires, reconnaissance du fait syndical dans l'entreprise, réduction du temps de travail. Ils démontrent l'efficacité du dialogue social face à la crise et permettent de rattraper un retard français en matière de salaires et de droits syndicaux. [Donnees factuelles : Hausse historique du SMIG de 35 %, la plus forte augmentation jamais accordée, relevant le salaire minimum horaire de 2,22 F à 3,00 F : 2.22 → 3 francs/heure ; Hausse salariale moyenne : 10 %.]
Les accords de Grenelle sont des concessions accordées dans la panique pour sauver le régime. L'inflation qui s'ensuit annule une partie des gains salariaux. La dévaluation de 1969 fait payer aux Français le coût des hausses. Surtout, le mouvement demandait une transformation profonde de la société, pas seulement des augmentations de salaire — Grenelle a acheté la paix sociale sans répondre aux aspirations libertaires de Mai 68. [Donnees factuelles : Poussée inflationniste consécutive aux hausses de salaires : l'inflation atteint 6,5 % en 1969, contre 4,5 % en 1967 : 4.5 → 6.5 %.]
Protocole de Grenelle, 27 mai 1968, texte intégral
1968, de grands soirs en petits matins, Ludivine Bantigny
Les accords de Grenelle, Archives nationales
Vie-publique.fr — Accords de Grenelle
Source de verification : Legifrance — Voir le texte officiel
675 réformes vérifiéesvia Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources