Référendum national approuvant les accords de Matignon sur la Nouvelle-Calédonie avec 80 % de oui mais 63 % d'abstention.
Le 6 novembre 1988, les Français sont appelés à se prononcer par référendum sur le projet de loi statutaire préparant l'autodétermination de la Nouvelle-Calédonie, conformément aux accords de Matignon signés le 26 juin. Le texte prévoit une période de développement économique et social de dix ans, la création de trois provinces dotées de compétences élargies, et l'organisation d'un référendum d'autodétermination en 1998. Le « oui » l'emporte avec 80 % des suffrages exprimés, mais l'abstention massive de 63 % relativise ce résultat. La campagne a été discrète, la Nouvelle-Calédonie étant perçue comme un sujet éloigné des préoccupations métropolitaines. Jacques Chirac et le RPR, pourtant hostiles aux accords initialement, appellent à voter oui, dans un geste de consensus républicain. Seul le Front national appelle au non. Ce référendum valide juridiquement les accords de Matignon et ouvre la voie à une décennie de développement pacifique du territoire.
Les accords de Matignon ont été signés le 26 juin 1988. Mitterrand choisit la voie du référendum pour donner une légitimité démocratique forte à un processus d'autodétermination qui touche à l'intégrité du territoire national.
Reforme
Référendum Nouvelle-Calédonie
novembre 1988
Aucun effet de bord documente
« Rétablir la paix en Nouvelle-Calédonie par le dialogue et soumettre la solution au peuple français »
Source : Lettre à tous les Français, François Mitterrand, avril 1988
Écart entre promesse et réalisation
Promesse tenue : le référendum valide démocratiquement les accords de paix.
Validation démocratique des accords de Matignon par 80 % des votants, donnant une légitimité nationale au processus de paix
Consensus transpartisan droite-gauche autour de la solution pacifique, Chirac appelant à voter oui
Abstention massive de 63 %, révélant l'indifférence de la majorité des Français pour la question calédonienne
Le référendum a donné une légitimité démocratique incontestable aux accords de Matignon. Le large consensus (80 % de oui, soutien transpartisan) a consolidé le processus de paix et créé les conditions d'une réconciliation durable en Nouvelle-Calédonie.
Un référendum avec 63 % d'abstention ne peut pas être considéré comme un véritable mandat démocratique. L'indifférence des Français pour la Nouvelle-Calédonie fragilise la légitimité d'un processus d'autodétermination qui engage l'avenir du territoire.
Archives du Senat, dossier legislatif
Conseil constitutionnel — Resultats du referendum
Source de verification : Conseil constitutionnel
675 réformes vérifiéesvia Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources