Création de l'allocation personnalisée d'autonomie pour les personnes âgées dépendantes, universelle et sans condition de ressources.
La loi du 20 juillet 2001 crée l'allocation personnalisée d'autonomie (APA), prestation destinée aux personnes âgées de 60 ans et plus en situation de perte d'autonomie. L'APA remplace la prestation spécifique dépendance (PSD), créée en 1997, jugée trop restrictive (seules 140 000 personnes en bénéficiaient). L'APA est universelle : attribuée sans condition de ressources (mais avec un ticket modérateur proportionnel aux revenus), elle concerne les personnes classées en GIR 1 à 4 sur la grille AGGIR. Son montant dépend du degré de dépendance et du plan d'aide personnalisé, allant de quelques centaines à plus de 1 000 euros mensuels.
Le vieillissement de la population fait de la dépendance un enjeu majeur : 800 000 personnes âgées sont en situation de perte d'autonomie en 2001. La PSD de 1997 est un échec (conditions d'attribution trop restrictives, recours sur succession dissuasif, inégalités départementales). Le rapport Sueur (2000) recommande une prestation universelle. Le débat sur un « cinquième risque » de la Sécurité sociale est lancé.
Reforme
APA
juillet 2001
« Créer une allocation universelle pour les personnes âgées dépendantes, remplaçant la PSD jugée insuffisante »
Source : Programme de la gauche plurielle, 1997
Écart entre promesse et réalisation
Promesse tenue. L'APA est plus généreuse et universelle que prévu, ce qui explique aussi le dépassement budgétaire massif.
Nombre de bénéficiaires multiplié par quatre en deux ans : de 140 000 (PSD) à 605 000 (APA) fin 2002, puis 860 000 fin 2004
Développement massif des services d'aide à domicile, créant des dizaines de milliers d'emplois dans le secteur de l'aide aux personnes âgées
Charge financière considérable pour les départements, dépassant largement les prévisions : 3,2 milliards d'euros en 2003 contre 1,6 milliard prévu, mettant plusieurs départements en difficulté financière
La canicule meurtrière d'août 2003 (15 000 décès) met en lumière les insuffisances de la prise en charge des personnes âgées malgré l'APA, conduisant à la création de la Journée de solidarité (2004) et de la CNSA
L'APA est une avancée sociale majeure qui a donné aux personnes âgées dépendantes un véritable droit à l'aide, universel et digne. En supprimant le recours sur succession de la PSD, elle a déstigmatisé l'aide et permis à des centaines de milliers de personnes de vieillir chez elles dans des conditions acceptables. L'explosion du nombre de bénéficiaires prouve que la PSD était profondément inadaptée. [Donnees factuelles : Nombre de bénéficiaires multiplié par quatre en deux ans : de 140 000 (PSD) à 605 000 (APA) fin 2002, puis 860 000 fin 2004 : 140000 → 605000 personnes.]
L'APA a été lancée sans financement pérenne, créant un gouffre financier pour les départements et reportant la charge sur les générations futures. L'universalité sans condition de ressources est un luxe que la France ne peut se permettre. Il aurait été plus responsable de cibler l'aide sur les plus dépendants et les plus modestes, et de développer l'assurance privée dépendance. [Donnees factuelles : Coût annuel de l'APA : 3.2 milliards d'euros.]
DREES — L'allocation personnalisée d'autonomie, premiers résultats, 2003
Source de verification : Legifrance — Voir le texte officiel
675 réformes vérifiéesvia Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources