Instauration de groupes de niveaux en français et mathématiques au collège pour lutter contre la baisse du niveau scolaire révélée par les classements PISA.
La réforme dite du « choc des savoirs », annoncée par Gabriel Attal alors ministre de l'Éducation puis mise en œuvre sous son gouvernement, constitue une refonte pédagogique majeure du collège. Elle prévoit la constitution de groupes de niveaux en français et mathématiques dès la classe de 6e à la rentrée 2024, puis leur extension progressive aux autres niveaux. Les élèves sont répartis en trois groupes selon leur maîtrise des fondamentaux, avec des effectifs réduits pour le groupe des élèves en difficulté (maximum 15 élèves). La réforme comprend également la mise en place de manuels labellisés par le ministère, le redoublement facilité (la décision revenant in fine aux enseignants et non plus aux familles), et le renforcement du brevet des collèges comme condition d'accès au lycée. Ces mesures répondent aux résultats catastrophiques de la France dans le classement PISA 2023, où les performances en mathématiques et en compréhension de l'écrit ont atteint leur plus bas niveau historique. La réforme suscite un vif débat dans la communauté éducative entre partisans de l'exigence et défenseurs de l'hétérogénéité des classes.
Les résultats PISA 2023 publiés en décembre ont révélé une chute historique du niveau des élèves français, notamment en mathématiques. Gabriel Attal, alors ministre de l'Éducation, avait annoncé un « choc des savoirs » en décembre 2023, avant de le porter comme Premier ministre.
Reforme
Choc des savoirs
mars 2024
« Élever le niveau scolaire par un retour aux fondamentaux et une exigence accrue, en s'appuyant sur les groupes de niveaux. »
Source : Conférence de presse de Gabriel Attal, ministre de l'Éducation, 5 décembre 2023
Écart entre promesse et réalisation
La mise en œuvre à la rentrée 2024 a été perturbée par la dissolution et le changement de gouvernement. Les groupes de niveaux ont été assouplis en « groupes de besoins ».
Prise de conscience de la nécessité de différenciation pédagogique et recentrage sur les fondamentaux (lire, écrire, compter)
Opposition massive des syndicats enseignants dénonçant un tri social des élèves et une remise en cause du collège unique
Difficultés organisationnelles dans les établissements pour constituer les groupes (manque de salles, d'enseignants, emplois du temps complexifiés)
Face à l'effondrement du niveau scolaire documenté par PISA, la différenciation pédagogique par groupes de niveaux permet un enseignement adapté aux besoins réels de chaque élève, comme le pratiquent de nombreux pays performants.
Les groupes de niveaux reproduisent les inégalités sociales, stigmatisent les élèves en difficulté et remettent en cause le principe républicain du collège unique. La recherche pédagogique montre que l'hétérogénéité bien gérée profite à tous.
Le gouvernement Barnier assouplit les groupes de niveaux en « groupes de besoins » plus flexibles sous la pression syndicale.
Arrêté du 15 mars 2024 relatif à l'organisation des enseignements au collège
OCDE, résultats PISA 2022 — France
Vie-publique.fr — Choc des savoirs
Source de verification : Legifrance — Voir le texte officiel
675 réformes vérifiéesvia Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources