Instauration de la cinquième semaine de congés payés, portant le total à 30 jours ouvrables annuels.
L'ordonnance du 16 janvier 1982 porte la durée des congés payés annuels de quatre à cinq semaines, soit 30 jours ouvrables par an. Cette mesure s'inscrit dans la lignée historique des conquêtes sociales françaises : deux semaines en 1936 (Front populaire), trois semaines en 1956, quatre semaines en 1969. La France devient l'un des pays offrant le plus de congés payés au monde. La mesure est immédiatement populaire et ne sera jamais remise en cause par aucun gouvernement ultérieur. Elle s'accompagne de la réduction de la durée légale du travail à 39 heures dans la même ordonnance. Le coût pour les entreprises est estimé à environ 1 % de la masse salariale.
La France disposait de quatre semaines de congés payés depuis 1969. Les 110 propositions prévoyaient le passage à cinq semaines dans le cadre d'un programme global de réduction du temps de travail.
Reforme
5e semaine de congés
janvier 1982
« Instaurer une cinquième semaine de congés payés (110 propositions) »
Source : Programme des 110 propositions pour la France, 1981
Écart entre promesse et réalisation
Promesse tenue fidèlement et rapidement.
Amélioration de la qualité de vie de l'ensemble des salariés français avec une semaine supplémentaire de repos annuel
Développement du tourisme intérieur et de l'économie des loisirs
Surcoût pour les entreprises estimé à environ 1 % de la masse salariale
La cinquième semaine de congés payés a puissamment accéléré le développement de l'industrie touristique française, faisant du tourisme le premier secteur économique du pays en termes d'emplois. L'allongement des vacances d'hiver et l'étalement des congés ont favorisé l'essor des stations de ski, du tourisme rural et du tourisme littoral hors saison, transformant en profondeur l'économie de régions entières qui dépendaient auparavant de l'agriculture ou de l'industrie en déclin.
La mesure a contribué à creuser le fossé entre salariés bénéficiant de ces congés supplémentaires et les travailleurs précaires, intérimaires et indépendants qui n'en profitent pas ou peu. Les inégalités de départ en vacances se sont renforcées : en 2019, un tiers des Français déclaraient ne pas partir en vacances, proportion restée stable malgré l'augmentation du nombre de jours de congé, révélant une fracture sociale persistante dans l'accès aux loisirs.
La cinquième semaine de congés payés s'inscrit dans la lignée des grandes conquêtes sociales françaises — deux semaines en 1936, trois en 1956, quatre en 1969 — traduisant en temps libre les gains de productivité considérables de l'économie. Elle a amélioré la qualité de vie de millions de salariés, stimulé l'économie touristique devenue le premier secteur employeur du pays, et n'a jamais été remise en cause par aucun gouvernement, de droite comme de gauche, en plus de quarante ans, preuve qu'elle constitue un acquis social consensuel et intégré au modèle économique français.
L'accumulation de congés payés et de jours de repos place la France parmi les pays développés où le nombre d'heures effectivement travaillées par an est le plus faible. Les salariés français travaillent en moyenne 1 514 heures par an contre 1 573 pour les Britanniques et 1 386 pour les Allemands (dont la productivité horaire compense largement l'écart). Dans un contexte de compétition internationale accrue, cette singularité française pèse sur la compétitivité-coût des entreprises, particulièrement dans l'industrie et les services exposés à la concurrence mondiale. Le surcoût pour les entreprises contribue à freiner les embauches et à maintenir un taux de chômage structurellement élevé.
Rapport DARES, Ministere du Travail
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675 réformes vérifiéesvia Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources