Gestion de la continuité de l'État par Messmer face à l'aggravation de la maladie du président Pompidou.
Le gouvernement Messmer-3, formé le 1er mars 1974, est un gouvernement de fin de règne dont la mission principale est d'assurer la continuité de l'État alors que la santé du président Pompidou se dégrade rapidement. Atteint de la maladie de Waldenström (cancer du sang), Pompidou est de plus en plus absent des conseils des ministres et des audiences officielles. Pierre Messmer, Premier ministre de confiance, assume de facto une part croissante des responsabilités exécutives, tout en maintenant la fiction d'un président en exercice. Le secret sur l'état de santé réel du président est maintenu jusqu'à son décès le 2 avril 1974. Cette situation exceptionnelle pose la question de la transparence sur la santé des dirigeants et de l'application de l'article 7 de la Constitution sur la vacance présidentielle. Le président du Sénat, Alain Poher, assure l'intérim après le décès et le gouvernement Messmer gère les affaires courantes jusqu'à l'élection de Giscard d'Estaing le 19 mai 1974.
La maladie de Pompidou est un secret d'État depuis 1972. Son visage bouffi par les traitements est visible de tous, mais la presse française respecte une forme d'omerta. Le précédent de la maladie cachée de De Gaulle en 1964 (opération de la prostate) avait déjà posé la question de la transparence médicale du chef de l'État.
Reforme
Continuité de l'État
mars 1974
Continuité des institutions assurée sans crise malgré l'incapacité progressive du président
Transition ordonnée vers l'intérim d'Alain Poher et l'organisation rapide de l'élection présidentielle anticipée
Opacité totale sur l'état de santé réel du président, privant les citoyens d'une information essentielle sur la capacité de leur dirigeant à exercer ses fonctions
Paralysie partielle de l'action gouvernementale pendant les dernières semaines, aucune décision importante ne pouvant être prise
Le précédent Pompidou alimentera le débat récurrent sur la transparence de la santé des présidents, de Mitterrand (cancer caché de 1981 à 1992) jusqu'à la loi sur la transparence de la vie publique
Messmer a remarquablement assuré la continuité de l'État dans des circonstances dramatiques, prouvant la solidité des institutions de la Ve République et leur capacité à fonctionner même en l'absence du président.
Le secret maintenu sur la maladie de Pompidou est une faute démocratique grave. L'article 7 de la Constitution prévoit la vacance en cas d'empêchement : en dissimulant l'incapacité croissante du président, le gouvernement a privé le peuple de son droit à être gouverné par un chef d'État en pleine possession de ses moyens.
Le décès de Georges Pompidou et la vacance présidentielle — Conseil constitutionnel
Éric Roussel, Georges Pompidou 1911-1974, J.-C. Lattès, 2004
Vie-publique.fr — Continuité de l'État
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675 réformes vérifiéesvia Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources