Plan de transfert de grandes administrations et organismes publics de Paris vers les régions pour rééquilibrer le territoire.
Édith Cresson fait de la délocalisation des administrations parisiennes un axe majeur de sa politique d'aménagement du territoire. Le comité interministériel d'aménagement du territoire (CIAT) du 29 juillet 1991 décide le transfert de 30 000 emplois publics de Paris vers la province sur cinq ans. Parmi les décisions emblématiques : le transfert de l'ENA à Strasbourg, du CIAT à Châlons-en-Champagne, de la direction de la météorologie nationale à Toulouse, et de l'INED à Paris-banlieue. Cresson y voit un moyen de lutter contre la concentration parisienne et de dynamiser les métropoles régionales. La mesure se heurte à une résistance massive des personnels concernés et de leurs syndicats. Les agents refusent de quitter Paris et les taux de suivi sont très faibles. Le transfert de l'ENA à Strasbourg, le plus symbolique, ne sera effectif qu'en 2005. Au total, environ 12 000 emplois seront effectivement délocalisés sur les 30 000 annoncés, soit un taux de réalisation d'environ 40 %.
La France souffre d'un déséquilibre territorial historique entre Paris et la province, dénoncé dès 1947 par Jean-François Gravier dans « Paris et le désert français ». Cresson, ancienne maire de Châtellerault, est sensible à la question de la désertification des territoires.
Reforme
Délocalisations administratives
juillet 1991
Transfert effectif d'environ 12 000 emplois publics de Paris vers les régions, contribuant au développement des métropoles régionales
Prise de conscience politique de la nécessité de rééquilibrer le territoire et de diversifier l'implantation des services publics
Résistance massive des personnels : taux de suivi très faible, la plupart des agents préférant démissionner ou demander une mutation plutôt que de quitter Paris
Coût élevé des délocalisations (primes de mobilité, constructions de locaux neufs) pour un taux de réalisation de seulement 40 %
Le transfert de l'ENA à Strasbourg, décidé en 1991, ne sera effectif qu'en 2005, illustrant la difficulté de mettre en œuvre ces réformes symboliques
La délocalisation des administrations est un acte volontariste nécessaire pour rompre avec la concentration parisienne. Les métropoles régionales ont besoin de la présence de grands services publics pour se développer. Le rééquilibrage territorial est un impératif républicain. [Donnees factuelles : Transfert effectif d'environ 12 000 emplois publics de Paris vers les régions, contribuant au développement des métropoles régionales : 0 → 12000 emplois.]
Déplacer des administrations de Paris en province par décret est un acte autoritaire et coûteux qui désorganise les services publics. La plupart des agents ne suivent pas, les compétences se perdent, et le coût de l'opération est disproportionné par rapport aux bénéfices.
CIAT — Comité interministériel d'aménagement du territoire, décisions du 29 juillet 1991
DATAR — Historique des délocalisations d'administrations 1991-2005
Vie-publique.fr — Délocalisations administratives
Source de verification : Legifrance — Voir le texte officiel
675 réformes vérifiéesvia Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources