Poursuite et approfondissement de la libéralisation financière initiée par Bérégovoy, avec ouverture du MATIF et développement des marchés dérivés.
Le gouvernement Chirac poursuit et approfondit la libéralisation des marchés financiers initiée paradoxalement par la gauche sous Pierre Bérégovoy. Le MATIF (Marché à Terme International de France), ouvert en février 1986, est développé avec de nouveaux contrats à terme et options. Le marché des changes est totalement libéralisé. Les commissions de bourse sont déréglementées. Le contrôle des changes, déjà assoupli, est encore allégé (il sera totalement supprimé en 1990). Édouard Balladur autorise les privatisations à être cotées à l'étranger et encourage les investisseurs internationaux à prendre des participations dans les entreprises françaises. Cette déréglementation s'inscrit dans le mouvement mondial de financiarisation de l'économie (Big Bang de la City de Londres en 1986, déréglementation aux États-Unis). Le krach d'octobre 1987 — le plus violent depuis 1929 — teste la résistance du système mais ne remet pas en cause la tendance de fond. La déréglementation financière fait l'objet d'un consensus rare entre droite (Balladur) et gauche (Bérégovoy), ce qui la rend politiquement irréversible.
La déréglementation financière est un mouvement mondial dans les années 1980. Bérégovoy a initié la modernisation de la place de Paris (1984-1986). Le gouvernement Chirac la poursuit dans la logique libérale, amplifiant l'ouverture internationale.
Reforme
Déréglementation financière
janvier 1987
Modernisation de la place financière de Paris, qui devient la troisième place européenne après Londres et Francfort
Développement du marché obligataire et des instruments de couverture, permettant un meilleur financement des entreprises et de la dette publique
Le krach d'octobre 1987 fait perdre 30 % à la Bourse de Paris en quelques jours, révélant la fragilité des marchés déréglementés
La financiarisation de l'économie française accroît la volatilité et la dépendance aux marchés internationaux
La déréglementation financière franco-européenne contribuera à la crise financière de 2008, montrant les limites d'un système insuffisamment régulé
La déréglementation financière était indispensable pour moderniser la place de Paris, attirer les capitaux et financer l'économie. Les marchés financiers développés sont un outil essentiel de la croissance et de l'innovation.
La déréglementation financière a déconnecté la finance de l'économie réelle, favorisé la spéculation au détriment de l'investissement productif et créé les conditions des crises systémiques. Le krach de 1987 était un avertissement ignoré. [Donnees factuelles : Le krach d'octobre 1987 fait perdre 30 % à la Bourse de Paris en quelques jours, révélant la fragilité des marchés déréglementés : 100 → 70 indice base 100.]
Commission bancaire — Rapport annuel 1987, la modernisation des marchés financiers
Pierre-Cyrille Hautcœur, Le Marché financier français au XIXe siècle, Publications de la Sorbonne, 2007
Vie-publique.fr — Déréglementation financière
Source de verification : Legifrance — Voir le texte officiel
675 réformes vérifiéesvia Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources