Poursuite et approfondissement de la rigueur sous le nom de « désinflation compétitive » : franc fort, maîtrise des coûts, modernisation industrielle.
Laurent Fabius poursuit et approfondit la politique de rigueur initiée par Delors, en la rebaptisant « désinflation compétitive » et en l'accompagnant d'un discours modernisateur. La stratégie repose sur trois piliers : le maintien d'un franc fort arrimé au mark allemand dans le SME, la maîtrise de l'inflation par le contrôle des coûts salariaux (poursuite de la désindexation), et la promotion de la modernisation industrielle et technologique. Pierre Bérégovoy, ministre de l'Économie et des Finances, mène une politique budgétaire restrictive. L'inflation est ramenée de 7,4 % en 1984 à 2,7 % en 1986, convergent pour la première fois avec l'inflation allemande. La balance commerciale se redresse. Fabius incarne la « France qui gagne » et la réconciliation de la gauche avec l'entreprise. Cette conversion au réalisme économique est cependant critiquée à gauche comme un reniement et à droite comme un ralliement tardif aux idées libérales.
Le gouvernement Fabius hérite de la politique de rigueur de Mauroy-3 et de Delors. L'enjeu est de transformer la rigueur subie en stratégie assumée de modernisation économique.
Reforme
Désinflation compétitive
août 1984
Chainage legislatif
Modifie egalement
Inflation ramenée à 2,7 % en 1986, convergeant avec l'Allemagne pour la première fois depuis les années 1960
Redressement de la balance commerciale et stabilisation du franc dans le SME (pas de dévaluation entre 1983 et 1986)
Le chômage continue de progresser malgré la désinflation, atteignant 2,5 millions de demandeurs d'emploi en 1986
Compression salariale pesant sur le pouvoir d'achat des ménages modestes
La politique du franc fort et de la désinflation compétitive sera poursuivie par tous les gouvernements suivants (droite et gauche) jusqu'à l'adoption de l'euro en 1999
La désinflation compétitive a rétabli les fondamentaux de l'économie française et préparé son intégration dans l'union monétaire européenne. La convergence avec l'Allemagne était indispensable pour la crédibilité de la France. [Donnees factuelles : Inflation ramenée à 2,7 % en 1986, convergeant avec l'Allemagne pour la première fois depuis les années 1960 : 7.4 → 2.7 %.]
La désinflation compétitive a sacrifié l'emploi au profit de la stabilité monétaire. Le chômage de masse est le prix payé par les classes populaires pour le choix européen des élites politiques et administratives. [Donnees factuelles : Le chômage continue de progresser malgré la désinflation, atteignant 2,5 millions de demandeurs d'emploi en 1986 : 2200000 → 2500000 personnes.]
Pierre Bérégovoy — Politique économique 1984-1986
Jean-Paul Fitoussi, Le Débat interdit : monnaie, Europe, pauvreté, Arléa, 1995
Vie-publique.fr — Désinflation compétitive
Source de verification : Vie-publique.fr
675 réformes vérifiéesvia Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources