Dévaluation du franc de 12,5 % pour restaurer la compétitivité française après la crise de Mai 68.
Le 10 août 1969, le gouvernement Chaban-Delmas procède à une dévaluation du franc de 12,5 %, mesure que de Gaulle avait refusée en novembre 1968 par fierté nationale malgré les recommandations de ses conseillers économiques. La crise de Mai 68 et les accords de Grenelle avaient provoqué une forte hausse des salaires (+10 % en moyenne) sans contrepartie de productivité, dégradant la compétitivité française et provoquant une fuite des capitaux. Le nouveau président Pompidou, pragmatique et fin connaisseur de l'économie, prend la décision dès son arrivée au pouvoir. La dévaluation est accompagnée d'un plan de rigueur budgétaire et d'un blocage temporaire des prix. L'opération s'avère un succès économique majeur : la balance commerciale se redresse rapidement, les exportations françaises bondissent, et la croissance repart vigoureusement. Cette dévaluation est souvent citée comme la dernière dévaluation « réussie » du franc.
De Gaulle avait refusé la dévaluation en novembre 1968. La fuite des capitaux et le déséquilibre commercial imposent une correction monétaire urgente. Le système de Bretton Woods est encore en vigueur mais fragilisé.
Reforme
Dévaluation du franc (1969)
août 1969
Rétablissement rapide de la balance commerciale française après la dévaluation de 1969
Forte reprise de la croissance économique : le PIB croît de 5,9 % en 1969 et 5,7 % en 1970
Hausse de l'inflation importée à court terme, renchérissement des produits importés pour les ménages
Contribution à la déstabilisation du système de Bretton Woods en fragilisant le système de parités fixes
La dévaluation de 1969 est un modèle de pragmatisme économique et de courage politique. En osant ce que de Gaulle avait refusé par orgueil en novembre 1968, Pompidou a pris la décision rationnelle qui s'imposait : restaurer la compétitivité française érodée par les hausses salariales massives de Grenelle. Les résultats sont spectaculaires — la balance commerciale se redresse en deux ans, la croissance repart à près de 6 %, les exportations bondissent. Cette dévaluation est souvent citée comme la dernière dévaluation « réussie » du franc, preuve que l'instrument monétaire, utilisé au bon moment et accompagné de rigueur budgétaire, peut être d'une efficacité redoutable.
La dévaluation de 1969 n'a fait que masquer les déséquilibres structurels de l'économie française — rigidités du marché du travail, faiblesse de l'investissement productif, retard technologique — en offrant un coup de pouce monétaire temporaire. Au lieu de traiter les causes profondes de la perte de compétitivité, elle a entretenu l'illusion française que les problèmes économiques peuvent se résoudre par la manipulation du taux de change plutôt que par des réformes structurelles douloureuses. La France recourra encore à la dévaluation en 1981 et 1983, preuve que la leçon n'avait pas été tirée et que les ajustements fondamentaux restaient à faire. [Donnees factuelles : Hausse de l'inflation importée à court terme, renchérissement des produits importés pour les ménages : 5.2 → 6.5 % annuel.]
Décret de dévaluation du franc, 10 août 1969 — Journal officiel
INSEE — Comptes nationaux rétrospectifs
La politique économique de Georges Pompidou
Source de verification : Legifrance — Voir le texte officiel
675 réformes vérifiéesvia Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources