Dissolution de l'Assemblée nationale par Mitterrand après sa réélection pour obtenir une majorité parlementaire favorable.
Quatre jours après la nomination de Michel Rocard comme Premier ministre, François Mitterrand prononce la dissolution de l'Assemblée nationale le 14 mai 1988. L'Assemblée sortante, élue en mars 1986 lors de la victoire de la droite, avait produit deux ans de cohabitation avec Jacques Chirac. Mitterrand, réélu le 8 mai avec 54,02 % des voix face à Chirac, entend disposer d'une majorité parlementaire pour gouverner. La dissolution est un acte constitutionnel classique après une élection présidentielle en situation de cohabitation. Les élections législatives des 5 et 12 juin 1988 donnent une majorité relative au PS (275 sièges sur 577), insuffisante pour une majorité absolue. Cette situation inédite oblige le gouvernement Rocard à négocier texte par texte avec les centristes ou les communistes, inaugurant un style de gouvernement fondé sur l'ouverture et le compromis. Rocard nomme plusieurs personnalités centristes dans son second gouvernement.
Mitterrand vient d'être réélu face à Chirac avec 54 % des voix. La cohabitation 1986-1988 a montré les limites du partage de l'exécutif. La dissolution est une prérogative présidentielle inscrite à l'article 12 de la Constitution.
Fin de la cohabitation et retour à une concordance entre majorité présidentielle et parlementaire
Légitimation démocratique du programme présidentiel par le renouvellement de la représentation nationale
Majorité relative du PS (275 sièges sur 577) rendant le gouvernement dépendant d'alliances au cas par cas avec les centristes ou les communistes
La majorité relative inaugure un style de gouvernement Rocard fondé sur l'ouverture, le compromis et l'usage fréquent de l'article 49-3
La dissolution était constitutionnellement logique et démocratiquement nécessaire pour mettre fin à la cohabitation et permettre au président réélu de mener sa politique. Le scrutin a confirmé la volonté de changement des Français.
La dissolution n'a pas produit la majorité absolue espérée, traduisant un soutien populaire en demi-teinte pour le programme mitterrandien. Le PS aurait dû chercher des alliances programmatiques stables plutôt que de miser sur un plébiscite.
Décret de dissolution de l'Assemblée nationale, 14 mai 1988, Journal officiel
Vie publique — Les dissolutions de l'Assemblée nationale sous la Ve République
Vie-publique.fr — Dissolution 1988
Source de verification : Legifrance — Voir le texte officiel
675 réformes vérifiéesvia Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources