Création de 350 000 emplois aidés sur cinq ans pour les jeunes dans le secteur public et associatif, financés par l'État.
La loi du 16 octobre 1997 crée le dispositif des emplois-jeunes, mesure phare du programme de Lionel Jospin. Le dispositif vise à embaucher 350 000 jeunes de 18 à 26 ans (sans condition de diplôme) dans des activités d'utilité sociale répondant à des besoins émergents ou non satisfaits : médiation sociale, aide éducative, environnement, nouvelles technologies, sécurité de proximité. Les contrats sont à durée déterminée de cinq ans, à temps plein, rémunérés au SMIC, et financés à 80 % par l'État (environ 92 000 francs par emploi et par an). Les employeurs éligibles sont les collectivités territoriales, les établissements publics, les associations et les établissements scolaires. Le programme est piloté par Martine Aubry, ministre de l'Emploi. Le coût budgétaire atteint environ 3,5 milliards d'euros par an en régime de croisière. Le dispositif se distingue des emplois aidés classiques (CES, CEC) par sa durée, son ambition de professionnalisation et son ancrage dans le secteur non marchand. Il constitue la première grande mesure sociale du gouvernement Jospin, adoptée dès l'été 1997 dans la dynamique de la victoire électorale de la gauche plurielle.
Le chômage des jeunes atteint 25 % en 1997, soit le double du taux général. La dissolution ratée de Chirac en avril 1997 a porté la gauche plurielle au pouvoir avec un mandat clair de lutte contre le chômage. Jospin a fait de l'emploi des jeunes la priorité numéro un de son programme. Le dispositif s'inscrit dans la tradition française des emplois aidés mais avec une ambition de pérennisation et de création de nouveaux métiers.
Reforme
Emplois-jeunes
octobre 1997
📊 Indicateurs macro impactes
« Créer 700 000 emplois pour les jeunes, dont 350 000 dans le secteur public et associatif »
Source : Programme de la gauche plurielle, élections législatives 1997
Écart entre promesse et réalisation
Promesse tenue sur le volume (350 000 emplois créés en cinq ans) mais la pérennisation promise n'a pas eu lieu, la plupart des postes disparaissant après 2002.
Plus de 310 000 jeunes embauchés entre 1997 et 2002, réduisant significativement le chômage des moins de 26 ans
Émergence de nouveaux métiers (médiateurs sociaux, agents de développement local, aides éducateurs) répondant à des besoins réels non couverts
Coût budgétaire élevé (environ 3,5 milliards d'euros annuels en régime de croisière) pour des emplois souvent peu qualifiés et à faible valeur ajoutée
Très faible taux de pérennisation : seuls 30 % des emplois-jeunes débouchent sur un CDI, les autres se retrouvant au chômage ou en emploi précaire à l'issue du contrat
Effet d'aubaine pour certaines collectivités et associations qui substituent des emplois-jeunes à des recrutements classiques, créant une dépendance aux financements publics
Les emplois-jeunes ont sorti des centaines de milliers de jeunes du chômage et de la précarité, créé de véritables nouveaux métiers (médiation, aide éducative) et répondu à des besoins sociaux non satisfaits. Le dispositif a permis une insertion professionnelle réelle pour une majorité de bénéficiaires et a contribué à la baisse historique du chômage sous Jospin. [Donnees factuelles : Plus de 310 000 jeunes embauchés entre 1997 et 2002, réduisant significativement le chômage des moins de 26 ans : 0 → 310000 emplois.]
Les emplois-jeunes sont un traitement social du chômage extrêmement coûteux qui ne crée pas de vraie valeur économique. La plupart des postes sont des emplois artificiels dans le secteur non marchand, sans perspective de pérennisation. L'argent public aurait été mieux employé à alléger les charges des entreprises pour favoriser l'emploi marchand durable. [Donnees factuelles : Taux de pérennisation : 30 %.]
Le gouvernement Raffarin décide l'extinction progressive du dispositif sans renouvellement des contrats arrivant à terme.
Loi n°97-940 du 16 octobre 1997 relative au développement d'activités pour l'emploi des jeunes
DARES — Bilan du programme Nouveaux Services-Emplois Jeunes, 2005
Cour des comptes — Rapport sur les emplois-jeunes, 2003
Source de verification : Legifrance — Voir le texte officiel
675 réformes vérifiéesvia Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources