Fermeture définitive de la plus ancienne centrale nucléaire française, engagée sous Hollande et finalisée sous Macron, réduisant la capacité nucléaire installée.
La centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin), doyenne du parc nucléaire français mise en service en 1977, est définitivement arrêtée le 29 juin 2020 avec la mise à l'arrêt de son second réacteur (le premier ayant été arrêté le 22 février 2020). Cette fermeture conclut un processus politique de près de dix ans : promesse de campagne de François Hollande en 2012, confirmée par Emmanuel Macron dans le cadre de la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) de 2019 qui prévoyait la réduction de la part du nucléaire de 75 % à 50 % de la production électrique d'ici 2035. La centrale, d'une capacité de 1 800 MW, produisait environ 2 % de l'électricité française. Sa fermeture entraîne la perte d'environ 2 000 emplois directs et indirects dans un territoire frontalier alsacien, compensée par un plan d'accompagnement de 400 millions d'euros et un projet de parc technologique et industriel. EDF reçoit une indemnisation estimée à 400 millions d'euros pour la perte d'exploitation. La fermeture intervient paradoxalement quelques mois avant que le gouvernement ne relance le programme nucléaire, ce qui alimentera les critiques sur l'incohérence de la politique énergétique française.
La fermeture de Fessenheim avait été promise par François Hollande en 2012, en contrepartie du soutien des écologistes. Reportée à plusieurs reprises, elle est conditionnée à la mise en service de l'EPR de Flamanville (retardé à 2024). La PPE de 2019 confirme la fermeture mais dans un contexte de débat grandissant sur la place du nucléaire face au changement climatique.
Reforme
Fermeture de Fessenheim
juin 2020
« Réduire la part du nucléaire à 50 % de la production électrique d'ici 2035, ce qui implique la fermeture de certains réacteurs dont Fessenheim. »
Source : Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) 2019, confirmant la promesse Hollande de 2012
Écart entre promesse et réalisation
Fermeture effective, mais la politique nucléaire sera ensuite inversée avec la relance de nouveaux réacteurs EPR2 en 2022.
Élimination du risque sismique et d'inondation spécifique lié à la localisation de Fessenheim dans la plaine rhénane, en zone sismique
Perte de 1 800 MW de production d'électricité bas carbone, remplacée partiellement par des imports d'électricité carbonée (gaz allemand)
Impact économique et social lourd sur le territoire : perte de 2 000 emplois et de 80 % des recettes fiscales de la communauté de communes
Incohérence politique perçue : la fermeture d'une centrale nucléaire au moment où la France s'engage dans une relance nucléaire (discours de Belfort 2022) nuit à la crédibilité de la stratégie énergétique
La fermeture de Fessenheim était nécessaire pour une centrale vieillissante en zone sismique. Elle honorait un engagement démocratique pris devant les électeurs et amorçait la diversification du mix énergétique français, trop dépendant du nucléaire.
Fermer une centrale nucléaire opérationnelle et sûre selon l'ASN, produisant de l'électricité bas carbone à bas coût, est une aberration climatique et économique. La France importe désormais de l'électricité carbonée pour compenser, augmentant ses émissions de CO2.
Autorité de sûreté nucléaire, note d'information sur l'arrêt définitif de Fessenheim
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675 réformes vérifiéesvia Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources