Nomination de Jean-Pierre Raffarin comme Premier ministre pour former un gouvernement de transition avant les législatives de juin 2002.
Au lendemain de la réélection de Jacques Chirac avec 82,21 % des voix face à Jean-Marie Le Pen, le président nomme Jean-Pierre Raffarin Premier ministre le 6 mai 2002. Ce choix surprend : Raffarin, sénateur de la Vienne et président de la région Poitou-Charentes, est un homme de terrain, incarnant la « France d'en bas » que Chirac entend réconcilier après le traumatisme du 21 avril. Le gouvernement Raffarin 1, volontairement resserré, est constitué pour la période de transition avant les élections législatives de juin. Il comprend des personnalités de l'UMP naissante et de l'UDF. Nicolas Sarkozy est nommé ministre de l'Intérieur, Dominique de Villepin aux Affaires étrangères, Francis Mer à l'Économie. Ce gouvernement affiche trois priorités immédiates : la sécurité, la baisse des impôts et la lutte contre l'insécurité routière. Il s'agit avant tout d'envoyer des signaux forts à un électorat traumatisé par la qualification de Le Pen au second tour.
Le choc du 21 avril 2002 — Jean-Marie Le Pen au second tour de la présidentielle, éliminant Lionel Jospin — provoque une crise démocratique sans précédent sous la Ve République. Chirac est réélu massivement mais sans véritable adhésion programmatique. Il doit former un gouvernement de transition crédible avant les législatives.
Reforme
Gouvernement post-21 avril
mai 2002
« Restaurer l'autorité de l'État et garantir la sécurité des Français »
Source : Programme présidentiel Jacques Chirac 2002
Écart entre promesse et réalisation
Le gouvernement est formé conformément aux engagements de campagne, avec la sécurité comme priorité affichée.
Transition gouvernementale rapide et ordonnée, rassurant l'opinion après le choc du 21 avril
Victoire massive de l'UMP aux législatives de juin 2002, obtenant 365 sièges sur 577
Le score de 82 % masque l'absence d'adhésion réelle au programme Chirac : le vote « républicain » anti-Le Pen ne constitue pas un mandat programmatique
L'abstention record au second tour des législatives (39,7 %) révèle un désengagement civique persistant malgré le choc du 21 avril
Le choix de Raffarin incarne la volonté de reconnecter la politique avec la France profonde. Le gouvernement de transition permet une gestion ordonnée de la crise post-21 avril et prépare efficacement les législatives. [Donnees factuelles : Sièges UMP à l'Assemblée nationale : 365 sièges.]
Le choc du 21 avril aurait dû conduire à une refondation démocratique profonde plutôt qu'à un simple changement de casting gouvernemental. L'occasion d'une grande réforme institutionnelle est manquée.
Assemblée nationale — Résultats des élections législatives de juin 2002
CEVIPOF, travaux sur le 21 avril 2002
IFOP — Cote de confiance du gouvernement Raffarin, mai 2002
Vie-publique.fr — Gouvernement post-21 avril
Source de verification : Legifrance — Voir le texte officiel
675 réformes vérifiéesvia Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources