Plan de relance de 100 milliards d'euros articulé autour de trois piliers : écologie, compétitivité et cohésion sociale et territoriale.
Présenté le 3 septembre 2020 par le Premier ministre Jean Castex et le ministre de l'Économie Bruno Le Maire, France Relance est un plan d'investissement de 100 milliards d'euros sur deux ans (2021-2022), dont 40 milliards financés par l'Union européenne via le plan Next Generation EU. Le plan s'articule autour de trois piliers : la transition écologique (30 milliards pour la rénovation thermique des bâtiments, les infrastructures de transport, l'hydrogène vert et la décarbonation industrielle), la compétitivité et l'innovation (34 milliards pour la baisse des impôts de production de 10 milliards annuels, le soutien à la relocalisation industrielle, le numérique et la recherche), et la cohésion sociale et territoriale (36 milliards pour l'emploi des jeunes, la formation professionnelle, la santé et les collectivités locales). France Relance inclut des dispositifs emblématiques : le plan « 1 jeune, 1 solution » pour l'emploi des moins de 26 ans, la prime à la rénovation énergétique MaPrimeRénov' élargie, et des aides à l'embauche massives. Le taux d'exécution atteint 72 % fin 2022 selon le gouvernement. Ce plan constitue la plus importante intervention budgétaire de l'histoire économique française en temps de paix, comparable en proportion du PIB au plan Marshall de 1948.
La crise du Covid-19 a provoqué la plus grave récession en France depuis 1945, avec une chute du PIB de 7,9 % en 2020. Le « quoi qu'il en coûte » présidentiel avait déjà mobilisé 470 milliards d'euros en mesures d'urgence (prêts garantis, chômage partiel, fonds de solidarité). France Relance vise à transformer la reprise en accélérateur de transitions structurelles.
Reforme
France Relance
septembre 2020
« Nous reconstruirons une économie forte, écologique, souveraine et solidaire. Le plan de relance sera massif. »
Source : Allocution d'Emmanuel Macron, 14 juin 2020
Écart entre promesse et réalisation
Plan massif effectivement déployé. Les objectifs écologiques du pilier vert sont jugés insuffisants par les associations environnementales.
Rebond du PIB de +6,8 % en 2021, le plus rapide de la zone euro, ramenant l'économie à son niveau pré-Covid dès le T1 2022
Création ou sauvegarde de plus de 600 000 emplois jeunes via le plan « 1 jeune, 1 solution » entre 2020 et 2022
Baisse des impôts de production de 10 milliards d'euros par an, améliorant la compétitivité des entreprises françaises
Creusement massif de la dette publique, passée de 97,6 % du PIB fin 2019 à 114,6 % fin 2020, puis stabilisée autour de 111 % en 2022
Le volet écologique jugé insuffisant : seuls 30 % du plan sont « verts », en deçà des recommandations du Haut Conseil pour le Climat
Effets inflationnistes partiels : la relance massive combinée aux perturbations d'approvisionnement a contribué à la hausse des prix à partir de 2021
La doctrine du « quoi qu'il en coûte » suivie par France Relance a profondément modifié le rapport de la France à la dette publique : le franchissement du seuil de 110 % du PIB, autrefois considéré comme impensable, a banalisé l'endettement massif et créé un précédent invoqué par toutes les forces politiques pour justifier de nouvelles dépenses, rendant le retour sous les 3 % de déficit structurellement plus difficile
France Relance a permis un rebond économique spectaculaire : +6,8 % de croissance en 2021, le plus rapide de la zone euro, avec un retour au PIB pré-Covid dès le premier trimestre 2022, plus vite que l'Allemagne ou l'Italie. Le plan a évité la spirale dépressive de 2008-2012 où la politique d'austérité avait prolongé la récession. Le volet « 1 jeune, 1 solution » a mobilisé 600 000 emplois et apprentissages pour les moins de 26 ans, évitant une génération sacrifiée. La baisse de 10 milliards des impôts de production rapproche la France de la moyenne européenne et améliore la compétitivité-coût des entreprises françaises. Le financement européen de 40 milliards via Next Generation EU démontre la valeur ajoutée de la solidarité européenne.
Le plan a distribué massivement de l'argent public — 100 milliards d'euros — sans conditionnalités écologiques ou sociales suffisantes, contribuant au creusement historique de la dette publique (passée de 97,6 % à 111 % du PIB) sans garantie de transformation durable. Les baisses d'impôts de production de 10 milliards annuels ont principalement bénéficié aux grandes entreprises et aux secteurs non exposés à la concurrence. Le volet écologique (30 milliards sur 100) reste en deçà des recommandations du Haut Conseil pour le Climat. Le rebond économique est en grande partie mécanique (rattrapage post-confinement) et attribuable au « quoi qu'il en coûte » plus qu'à France Relance proprement dit. Les effets inflationnistes de cette relance massive, combinés aux perturbations d'approvisionnement, ont ensuite érodé le pouvoir d'achat des ménages.
France 2030 complète France Relance par un volet innovation et souveraineté industrielle de 30 milliards d'euros supplémentaires.
Plan France Relance, dossier de presse du 3 septembre 2020
France Stratégie, comité d'évaluation du plan France Relance, rapports 2021-2022
Cour des comptes, « Le plan de relance : un premier bilan », rapport 2022
Vie-publique.fr — France Relance
Source de verification : Legifrance — Voir le texte officiel
675 réformes vérifiéesvia Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources