Gouvernement intégrant des personnalités de gauche (Kouchner, Besson, Jouyet, Hirsch) pour incarner la rupture et l'ouverture promises par Sarkozy.
Le premier gouvernement Fillon, nommé dès le 18 mai 2007, incarne la stratégie d'ouverture politique voulue par Nicolas Sarkozy. Composé de 15 membres seulement, il intègre plusieurs personnalités issues de la gauche ou de la société civile : Bernard Kouchner (PS) aux Affaires étrangères, Eric Besson (ex-PS) au secrétariat d'État chargé de la Prospective, Jean-Pierre Jouyet (PS) aux Affaires européennes, et Martin Hirsch (président d'Emmaüs) comme Haut-Commissaire aux solidarités actives. Christine Lagarde est nommée à l'Agriculture, Rachida Dati à la Justice, et Rama Yade au secrétariat d'État aux Droits de l'Homme. Ce gouvernement resserré, paritaire et ouvert, est conçu comme un signal politique fort de dépassement du clivage gauche-droite. Il ne durera qu'un mois, le temps des élections législatives de juin 2007, avant d'être remanié en gouvernement Fillon 2.
Nicolas Sarkozy vient d'être élu président avec 53,06 % des voix face à Ségolène Royal. Il a fait campagne sur la « rupture » et la « France d'après ». L'ouverture politique vers la gauche vise à affaiblir le PS, fragilisé par sa défaite, et à élargir la base électorale de la majorité en vue des législatives.
Reforme
Gouvernement d'ouverture
mai 2007
« Rassembler au-delà des clivages partisans, faire appel aux compétences de tous bords »
Source : Discours de Nicolas Sarkozy, meeting de Bercy, 29 avril 2007
Écart entre promesse et réalisation
Promesse tenue dans la forme avec des nominations symboliques, mais les personnalités de gauche intégrées n'auront qu'un poids limité dans les arbitrages politiques.
Signal fort de dépassement partisan, cote de popularité de Sarkozy à 67 % en juin 2007, la plus haute pour un début de quinquennat
Parité respectée au gouvernement, avec autant de femmes que d'hommes parmi les ministres de plein exercice
Affaiblissement symbolique du PS par le débauchage de ses personnalités, perçu comme une manoeuvre tactique plus qu'une véritable ouverture
Tensions internes à l'UMP où certains cadres se sentent lésés par les nominations de personnalités de gauche à des postes prestigieux
L'ouverture politique est un geste de rassemblement national qui transcende les clivages partisans stériles. En faisant appel aux compétences de tous bords, Sarkozy modernise la pratique du pouvoir et répond à l'aspiration des Français pour un dépassement du clivage gauche-droite. [Donnees factuelles : Signal fort de dépassement partisan, cote de popularité de Sarkozy à 67 % en juin 2007, la plus haute pour un début de quinquennat : 0 → 67 %.]
L'ouverture n'est qu'une stratégie cynique de déstabilisation du PS. Les personnalités de gauche recrutées n'ont aucun poids réel dans les arbitrages et servent de caution à une politique de droite assumée. C'est une opération de communication, pas un véritable dépassement partisan.
Décret du 18 mai 2007 relatif à la composition du gouvernement
Vie publique — Le gouvernement d'ouverture de 2007
Le Monde — Sarkozy forme un gouvernement d'ouverture, 18 mai 2007
Vie-publique.fr — Gouvernement d'ouverture
Source de verification : Legifrance — Voir le texte officiel
675 réformes vérifiéesvia Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources