Emprunt d'État à 6 % d'intérêt sur 4 ans, collectant 110 milliards de francs en quelques jours grâce à un immense succès populaire.
Le 1er juillet 1993, le gouvernement Balladur lance un grand emprunt d'État de 40 milliards de francs à un taux de 6 % sur 4 ans, exonéré d'impôt. Le succès est foudroyant : en quelques jours, l'emprunt collecte 110 milliards de francs, soit presque trois fois l'objectif initial. Plus de 1,2 million de souscripteurs individuels y participent, faisant de cette opération le plus grand succès d'emprunt public depuis l'emprunt Pinay de 1952. Le taux de 6 % est très attractif dans un contexte de baisse des taux courts, et l'exonération fiscale ajoute à l'attrait. L'emprunt Balladur remplit plusieurs objectifs : financer le déficit budgétaire record de 1993 (5,6 % du PIB), afficher la confiance des Français dans leur gouvernement, et préparer les privatisations en habituant les épargnants aux placements financiers. L'opération contribue fortement à la popularité personnelle de Balladur, atteignant 60 % d'opinions favorables. Les critiques dénoncent cependant un coût élevé pour les finances publiques (taux supérieur au marché) et un effet d'aubaine pour les épargnants aisés.
La France est en récession en 1993, avec un PIB en recul de -0,7 %. Le déficit budgétaire explose à 5,6 % du PIB. Balladur cherche à financer le déficit tout en affichant la confiance populaire dans son gouvernement, sur le modèle de l'emprunt Pinay de 1952 qui avait marqué les esprits.
Reforme
Emprunt Balladur 6 %
juillet 1993
Collecte de 110 milliards de francs, finançant largement le déficit budgétaire de 1993
Renforcement de la confiance des marchés et de l'opinion dans la solidité financière de l'État français
Coût élevé pour les finances publiques : le taux de 6 % était supérieur aux taux de marché, représentant un surcoût estimé à 10-15 milliards de francs sur 4 ans
Effet d'aubaine fiscal profitant principalement aux épargnants aisés, l'exonération d'impôt rendant l'emprunt régressif socialement
Effet d'éviction sur l'épargne privée : les 110 milliards placés dans l'emprunt n'ont pas alimenté l'investissement productif ni la consommation
L'emprunt Balladur est un coup de génie politique et financier. En mobilisant l'épargne des Français, il finance le déficit sans recourir aux marchés internationaux, affiche la confiance du pays et popularise l'investissement financier. Son succès a démontré la solidité du crédit de la France. [Donnees factuelles : Montant collecté : 110 milliards de francs.]
L'emprunt à 6 % a coûté plus cher que le financement sur les marchés obligataires. C'est une opération de communication politique déguisée en mesure économique, profitant aux épargnants fortunés grâce à l'exonération fiscale et ponctionnant l'épargne au détriment de l'investissement productif.
Direction du Trésor — Bilan de l'emprunt Balladur 1993
Les Échos, couverture du succès de l'emprunt Balladur
Vie-publique.fr — Emprunt Balladur 6 %
Source de verification : Legifrance — Voir le texte officiel
675 réformes vérifiéesvia Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources