Engagement militaire français en Afghanistan dans le cadre de l'ISAF post-11 septembre, mobilisant 70 000 militaires sur treize ans avec 89 tués au combat.
Au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, la France s'engage militairement en Afghanistan aux côtés des États-Unis et de la coalition internationale. Le président Chirac, en cohabitation avec le Premier ministre Jospin, engage les forces armées françaises en invoquant l'article 5 du traité de l'OTAN (clause de défense collective) activé pour la première fois de l'histoire de l'Alliance le 12 septembre 2001. La France déploie des forces spéciales dès novembre 2001 dans le cadre de l'opération Héraclès, puis participe à la Force internationale d'assistance à la sécurité (ISAF) mandatée par la résolution 1386 du Conseil de sécurité de l'ONU en décembre 2001.
Les attentats du 11 septembre 2001 provoquent un élan de solidarité international sans précédent. Le Monde titre « Nous sommes tous Américains ». L'article 5 de l'OTAN est invoqué pour la première fois. La France, membre fondateur de l'Alliance mais ayant quitté le commandement intégré en 1966, rejoint la coalition. La cohabitation Chirac-Jospin n'empêche pas un consensus politique initial sur l'engagement, le domaine de la défense relevant du « domaine réservé » présidentiel.
Reforme
Intervention en Afghanistan
novembre 2001
Solidarité effective avec les alliés et contribution à la lutte contre le terrorisme international dans un cadre multilatéral légitimé par l'ONU
Acquisition d'une expérience opérationnelle majeure en contre-insurrection pour les armées françaises, directement transférable aux engagements ultérieurs au Sahel
89 soldats français tués et plus de 700 blessés, dont de nombreux blessés psychiques souffrant de stress post-traumatique
Bilan stratégique très contesté : les talibans reprennent le pouvoir en août 2021, sept ans après le retrait français, anéantissant les gains obtenus au prix du sang
L'embuscade d'Uzbin (18 août 2008, 10 morts) provoque un débat national sur les conditions d'engagement des soldats français et sur la transparence du ministère de la Défense vis-à-vis de l'opinion
L'engagement en Afghanistan était un impératif de solidarité atlantique et de lutte contre le terrorisme international après le 11 septembre. La France a contribué à stabiliser le pays pendant plus d'une décennie, permettant des avancées réelles en matière de scolarisation (notamment des filles) et de droits fondamentaux. L'expérience opérationnelle acquise a profondément transformé les armées françaises.
L'intervention en Afghanistan est un échec stratégique majeur. Vingt ans de présence militaire occidentale, des milliers de morts et des centaines de milliards de dollars n'ont pas empêché le retour au pouvoir des talibans en 2021. La France a sacrifié 89 de ses soldats dans une guerre américaine qui n'était pas la sienne, dans un pays où l'Occident n'avait aucune stratégie de sortie viable. Les ressources militaires auraient été mieux employées sur d'autres théâtres. [Donnees factuelles : 89 soldats français tués et plus de 700 blessés, dont de nombreux blessés psychiques souffrant de stress post-traumatique : 0 → 89 tués.]
Conseil de sécurité de l'ONU, résolution 1386 du 20 décembre 2001
Ministère des Armées, bilan de l'engagement français en Afghanistan
IFRI, note de recherche sur le bilan de l'intervention occidentale en Afghanistan, 2021
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675 réformes vérifiéesvia Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources