Participation de la France aux bombardements OTAN sur la Yougoslavie de Milošević et déploiement de troupes françaises au Kosovo dans le cadre de la KFOR.
Du 24 mars au 10 juin 1999, la France participe à l'opération Allied Force, campagne de bombardements aériens de l'OTAN contre la République fédérale de Yougoslavie de Slobodan Milošević. L'intervention vise à mettre fin à la politique d'épuration ethnique menée par les forces serbes contre la population albanaise du Kosovo, dans un contexte où les massacres de Račak (janvier 1999) et l'échec des négociations de Rambouillet (février 1999) ont rendu la situation intenable. La France engage des Mirage 2000D, des Super Étendard depuis le porte-avions Foch, ainsi que des avions ravitailleurs et de reconnaissance. Elle effectue environ 10 % des sorties de combat.
Depuis 1991, l'ex-Yougoslavie est en guerre. Les massacres de Srebrenica (1995) ont traumatisé l'Europe et révélé l'impuissance des Casques bleus. Au Kosovo, la répression serbe contre la majorité albanaise s'intensifie depuis 1998. Le massacre de Račak (45 civils albanais tués) en janvier 1999 provoque l'indignation internationale. La conférence de Rambouillet (février 1999) échoue face au refus serbe. La cohabitation Chirac-Jospin crée une dyarchie sur la politique étrangère, mais les deux hommes s'accordent sur l'intervention.
Reforme
Intervention au Kosovo
mars 1999
Fin de l'épuration ethnique au Kosovo : le retrait des forces serbes a permis le retour de centaines de milliers de réfugiés albanais et mis fin aux massacres
Précédent d'intervention militaire sans mandat du Conseil de sécurité de l'ONU, affaiblissant le multilatéralisme que la France défend traditionnellement
L'intervention a catalysé le développement d'une capacité de défense européenne autonome (PESD/PSDC), la France poussant pour une Europe de la défense moins dépendante de l'OTAN
L'intervention au Kosovo a empêché un nouveau Srebrenica. Face à l'obstruction russe au Conseil de sécurité, les démocraties occidentales avaient le devoir moral d'agir pour protéger une population civile victime d'épuration ethnique systématique. L'inaction aurait été une complicité de facto avec les crimes de Milošević.
L'intervention au Kosovo sans mandat de l'ONU viole le droit international et crée un précédent dangereux, instrumentalisé depuis par les États-Unis en Irak (2003) et par la Russie en Géorgie (2008) et en Ukraine (2014). Les bombardements ont causé des victimes civiles et des destructions massives d'infrastructures en Serbie sans résoudre durablement la question du Kosovo.
Résolution 1244 du Conseil de sécurité des Nations Unies, 10 juin 1999
Sénat, Rapport d'information sur les opérations au Kosovo, 1999
Jolyon Howorth, Security and Defence Policy in the EU, 2007
Vie-publique.fr — Intervention au Kosovo
Source de verification : Vie-publique.fr
675 réformes vérifiéesvia Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources