Engagement militaire français en première ligne contre les forces de Kadhafi, menant à la chute du régime libyen après huit mois de bombardements.
Le 19 mars 2011, la France est le premier pays à engager des frappes aériennes contre les forces de Mouammar Kadhafi en Libye, dans le cadre de la résolution 1973 du Conseil de sécurité de l'ONU autorisant « toutes les mesures nécessaires » pour protéger les populations civiles. L'opération Harmattan mobilise l'armée de l'air (Rafale, Mirage 2000), la marine (porte-avions Charles de Gaulle) et les forces spéciales pendant huit mois. Nicolas Sarkozy, aux côtés de David Cameron, est le principal artisan diplomatique de cette intervention, obtenant le feu vert du Conseil de sécurité avec l'abstention (et non le veto) de la Russie et de la Chine. L'opération dépasse rapidement le mandat de protection civile pour devenir un soutien actif aux rebelles et un objectif de changement de régime. Kadhafi est tué le 20 octobre 2011. La France a effectué plus de 5 600 sorties aériennes et tiré environ 950 munitions guidées. Le coût de l'opération est estimé à 350 millions d'euros. Si l'intervention est saluée comme un succès militaire, ses conséquences à long terme — chaos libyen, prolifération d'armes au Sahel, crise migratoire — seront sévèrement critiquées.
Le « Printemps arabe » secoue le monde arabe depuis janvier 2011. En Libye, la répression de Kadhafi menace de tourner au massacre à Benghazi. La France, critiquée pour sa proximité initiale avec les dictateurs tunisien et égyptien, veut se positionner du bon côté de l'histoire. Le philosophe Bernard-Henri Lévy joue un rôle controversé d'intermédiaire avec les rebelles.
Reforme
Intervention en Libye
mars 2011
Protection immédiate de la population de Benghazi menacée d'un massacre par les forces de Kadhafi
Démonstration de la capacité opérationnelle de l'armée française à conduire une opération aérienne majeure et à projeter ses forces sur un théâtre éloigné
La Libye sombre dans le chaos après la chute de Kadhafi : guerre civile, deux gouvernements rivaux, présence de Daech, et effondrement de l'État
Dispersion des arsenaux libyens vers le Sahel, alimentant les groupes terroristes (AQMI, Boko Haram) et déstabilisant le Mali, conduisant à l'opération Serval en 2013
La Libye post-Kadhafi devient un point de transit majeur pour les migrants vers l'Europe, alimentant la crise migratoire de 2015-2016
Détérioration durable des relations franco-russes : Moscou considère avoir été trompée par l'interprétation extensive de la résolution 1973
La France a agi conformément au droit international et à sa responsabilité de protéger. Sans intervention, Kadhafi aurait commis un massacre à Benghazi. L'opération démontre que la communauté internationale peut agir rapidement pour protéger des civils.
L'intervention en Libye est l'archétype de l'aventurisme militaire irresponsable. Lancée sans plan pour l'après-Kadhafi, elle a transformé un pays stable en État failli, exporté le chaos au Sahel et ouvert les vannes de la migration illégale vers l'Europe. Le remède s'est avéré pire que le mal.
Résolution 1973 (2011) du Conseil de sécurité des Nations unies
Sénat — Rapport d'information n° 554 sur les opérations militaires en Libye, 2012
Assemblée nationale — Rapport d'information sur l'opération Harmattan en Libye, 2012
Source de verification : Legifrance — Voir le texte officiel
675 réformes vérifiéesvia Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources