Plan quinquennal fixant les objectifs de croissance, d'investissement public et de modernisation industrielle de la France.
Le IVe Plan de modernisation et d'équipement (1962-1965) constitue le cadre directeur de la politique économique gaullienne durant cette période de forte croissance. Élaboré par le Commissariat général du Plan sous la direction de Pierre Massé, il fixe un objectif ambitieux de croissance annuelle du PIB de 5,5 %. Le Plan privilégie les investissements dans les infrastructures, l'équipement industriel, la recherche scientifique et l'éducation. Il prévoit également un effort considérable en matière de logement social pour répondre à la pression démographique du baby-boom. Ce plan s'inscrit dans la tradition de planification indicative à la française, qui oriente les investissements publics et privés sans imposer de contrainte directe aux entreprises. Le IVe Plan sera globalement réalisé, voire dépassé, grâce à la dynamique des Trente Glorieuses, avec un taux de croissance effectif supérieur aux prévisions.
La France connaît une croissance économique rapide dans le cadre des Trente Glorieuses. Le Plan est l'instrument central de la politique économique gaulliste, qui cherche à moderniser le pays et rattraper le retard industriel par rapport aux États-Unis et à l'Allemagne.
Reforme
IVe Plan
août 1962
« De Gaulle a fait de la modernisation économique et de l'indépendance nationale les piliers de son programme. »
Source : Discours du général de Gaulle, 1958-1962
Écart entre promesse et réalisation
Le Plan est fidèle à la vision gaullienne de planification indicative et de modernisation accélérée.
Croissance du PIB supérieure aux objectifs fixés, autour de 6 % annuels
Tensions inflationnistes liées à la surchauffe économique, nécessitant le plan de stabilisation de 1963
Accélération de l'exode rural et concentration urbaine non anticipée dans toute son ampleur
Le IVe Plan illustre la supériorité de la planification indicative à la française sur le laisser-faire. En coordonnant les investissements publics (infrastructures, éducation, recherche) avec les stratégies des grandes entreprises et des branches professionnelles, il a permis une croissance de 6 % par an, supérieure à l'objectif fixé de 5,5 %. La France a rattrapé son retard industriel sur l'Allemagne et le Royaume-Uni, modernisé ses équipements collectifs et élevé le niveau de vie de l'ensemble de la population. Le Plan n'est pas un diktat : c'est un exercice de prospective collective qui éclaire les choix économiques sans les imposer.
Le IVe Plan incarne la dérive technocratique de l'État gaullien : des hauts fonctionnaires du Commissariat au Plan, non élus et irresponsables politiquement, définissent les orientations de l'économie française à la place du marché et des acteurs privés. La planification indicative fausse les signaux de prix, encourage le surinvestissement dans des secteurs politiquement favorisés (nucléaire, aéronautique, grands projets d'infrastructure) et néglige les besoins individuels des citoyens et des petites entreprises. La croissance des Trente Glorieuses s'explique davantage par le rattrapage naturel d'après-guerre et la conjoncture mondiale que par le Plan.
Le Plan ou l'anti-hasard
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675 réformes vérifiéesvia Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources