LOI n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 : suspension de la réforme des retraites de 2023 (âge légal gelé à 62 ans 9 mois), création du congé naissance (1-2 mois), fusion des réductions de cotisations patronales (RGDU) et contribution autonomie.
La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 constitue l'une des décisions politiques majeures du gouvernement Lecornu II. Sa mesure phare est la suspension de la réforme des retraites de 2023 : l'âge légal d'ouverture des droits est gelé à 62 ans et 9 mois (au lieu de poursuivre la montée en charge vers 64 ans) et la durée d'assurance pour le taux plein reste fixée à 170 trimestres. Cette concession, arrachée par le Parti socialiste en échange de son soutien parlementaire, provoque une fracture au sein de la droite gouvernementale. La loi crée également un congé naissance indemnisé de 1 ou 2 mois (au choix du salarié) pour les enfants nés à partir du 1er janvier 2026, applicable à compter du 1er juillet 2026. Sur le plan du financement, la LFSS 2026 fusionne les différentes réductions de cotisations patronales en une Réduction Générale Dégressive Unique (RGDU) et instaure une contribution de solidarité pour l'autonomie de 1,5 milliard d'euros via une hausse du taux de CSG sur les produits d'épargne financière. L'objectif est de ramener le déficit de la Sécurité sociale de 23 milliards en 2025 à 17,4 milliards en 2026, avec un retour à l'équilibre visé en 2029.
La loi est adoptée le 16 décembre 2025 à l'Assemblée nationale (247 voix pour, 232 contre) grâce au soutien des socialistes, qui avaient conditionné leur appui à la suspension des 64 ans. Elle est validée partiellement par le Conseil constitutionnel le 30 décembre 2025 et publiée au Journal officiel le 31 décembre 2025. La réforme des retraites de 2023 portée par Élisabeth Borne se trouve ainsi suspendue sine die, transformant la concession conjoncturelle en remise en cause structurelle.
Stabilisation parlementaire grâce au soutien socialiste, permettant l'adoption du budget sans 49.3
Création du congé naissance : premier congé parental rémunéré significatif pour les salariés du privé
Suspension de la réforme des retraites : creuse le déficit prévisionnel à long terme de plusieurs dizaines de milliards
Fracture de la coalition : les Républicains et une partie de la droite macroniste dénoncent le recul sur les retraites comme une capitulation idéologique
Réouverture du débat sur les retraites : les syndicats CGT et FO réclament désormais un retour à 60 ans, la suspension créant une dynamique de négociation non maîtrisée
La suspension des 64 ans est un acte de lucidité politique : une réforme adoptée sans majorité, contre l'avis des syndicats et d'une majorité de Français, ne peut produire les effets escomptés. Mieux vaut ouvrir un vrai dialogue social que maintenir une réforme illégitimée.
Suspendre une réforme nécessaire pour des raisons purement arithmétiques envoie un signal catastrophique aux marchés et aux partenaires européens. La France ne peut pas se permettre de reculer sur l'équilibre de son système de retraite sans plan de remplacement crédible.
LOI n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026
Vie-publique.fr — PLFSS 2026 : résumé des mesures adoptées référence bibliographique
675 réformes vérifiées via Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources