Début de la modernisation et de la déréglementation des marchés financiers français.
Paradoxe apparent pour un gouvernement socialiste, le tournant de la rigueur s'accompagne des prémices d'une libéralisation financière qui sera approfondie sous le gouvernement Fabius. Dès 1983-1984, plusieurs mesures sont prises : création du second marché boursier pour les PME (février 1983), développement du marché obligataire pour financer la dette publique, premières mesures de modernisation de la place financière de Paris. Le ministre des Finances Jacques Delors et le directeur du Trésor Jean-Charles Naouri préparent la réforme du marché monétaire et la création de nouveaux instruments financiers (certificats de dépôt, billets de trésorerie). Cette libéralisation financière, menée par un gouvernement issu de la gauche, marque un renversement idéologique majeur : la gauche passe du contrôle étatique des flux financiers à l'acceptation et même la promotion des mécanismes de marché.
Le système financier français est encore largement administré : taux d'intérêt réglementés, encadrement du crédit, contrôle des changes. La contrainte du financement de la dette publique croissante pousse à moderniser les marchés financiers.
Reforme
Libéralisation financière
janvier 1984
Modernisation de la place financière de Paris, la préparant à la concurrence européenne
Début de la financiarisation de l'économie française, critiquée par la gauche radicale comme une capitulation idéologique
Paradoxe historique majeur : c'est un gouvernement socialiste qui enclenche la libéralisation financière en France, que la droite approfondira par les privatisations de 1986-1988. Ce renversement idéologique crée un précédent qui se reproduira sous Tony Blair (Royaume-Uni) et Gerhard Schröder (Allemagne), et devient un argument central du discours de la gauche radicale selon lequel les partis sociaux-démocrates ont trahi leur base ouvrière au profit de la finance
La modernisation financière était indispensable pour financer l'économie et la dette publique par les marchés plutôt que par la planche à billets. Elle a renforcé l'attractivité de Paris comme place financière.
La libéralisation financière menée par un gouvernement socialiste a abandonné toute ambition de contrôle démocratique de la finance et ouvert la voie à la spéculation et aux crises financières ultérieures.
Le gouvernement Fabius approfondit la libéralisation financière avec la loi bancaire et la réforme du marché monétaire.
Création du Second Marché boursier, février 1983
Rapport annuel de la Cour des comptes
Vie-publique.fr — Libéralisation financière
Source de verification : Legifrance — Voir le texte officiel
675 réformes vérifiéesvia Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources