Loi renforçant la modernisation des exploitations agricoles et la structuration des groupements de producteurs.
La loi complémentaire d'orientation agricole de fin 1968 prolonge et renforce les lois d'orientation de 1960 et 1962 portées par Edgar Pisani. Elle vise à accélérer la modernisation de l'agriculture française dans le contexte de la Politique agricole commune (PAC) entrée en vigueur. Le texte renforce les mécanismes d'aide à la restructuration foncière via les SAFER (Sociétés d'aménagement foncier et d'établissement rural), favorise le regroupement des exploitations pour atteindre des tailles viables, et structure les groupements de producteurs pour renforcer le pouvoir de négociation des agriculteurs face à l'industrie agroalimentaire. La loi prévoit également des mesures d'accompagnement social pour les agriculteurs quittant la terre (indemnités viagères de départ) et soutient l'installation des jeunes agriculteurs. Elle s'inscrit dans la continuation de la politique gaullienne de modernisation et de mise en compétitivité de l'agriculture française au sein du marché commun européen.
L'agriculture française est en pleine transformation structurelle : le nombre d'exploitations diminue rapidement (de 2,3 millions en 1955 à 1,6 million en 1970), la mécanisation s'accélère, et la PAC impose une mise en concurrence avec les agricultures voisines. Le monde agricole, épargné par Mai 68, attend cependant des mesures de soutien face à la baisse des revenus.
Reforme
Orientation agricole (1968)
décembre 1968
Chainage legislatif
Modifie egalement
« Moderniser l'agriculture française »
Source : Programme présidentiel 1965
Écart entre promesse et réalisation
Continuité directe de la promesse de modernisation agricole, dans le prolongement des lois Pisani.
Accélération de la restructuration foncière avec une forte augmentation de la surface moyenne des exploitations entre 1960 et 1980
Développement des groupements de producteurs améliorant le pouvoir de négociation des agriculteurs
Exode rural accéléré : perte de centaines de milliers d'exploitations agricoles en une décennie, dépeuplement des campagnes
Émergence d'un modèle agricole productiviste intensif, avec ses conséquences environnementales à long terme (pollution des sols, monoculture)
La modernisation agricole a permis à la France de devenir la première puissance agricole européenne, assurant la souveraineté alimentaire et faisant de l'agroalimentaire un secteur excédentaire majeur de la balance commerciale.
La politique de modernisation forcée a sacrifié les petites exploitations familiales et les paysages ruraux au profit d'un modèle productiviste destructeur pour l'environnement et les territoires.
Loi complémentaire à la loi d'orientation agricole
Recensement général de l'agriculture 1979-1980
La fin des paysans
Vie-publique.fr — Orientation agricole (1968)
Source de verification : Legifrance — Voir le texte officiel
675 réformes vérifiéesvia Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources