Loi de programmation militaire modernisant la force de dissuasion nucléaire, lançant le programme SNLE et renouvelant les équipements conventionnels.
La loi de programmation militaire 1977-1982, adoptée le 19 juin 1976 sous le gouvernement Barre, définit l'effort de défense pour six ans avec un budget total d'environ 240 milliards de francs (valeur 1976). La priorité absolue est la modernisation de la force de dissuasion nucléaire, pilier de la doctrine de défense gaulliste confirmée par Giscard d'Estaing. Le programme central est le développement de la composante sous-marine de la dissuasion : la construction de sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE) de la classe Le Redoutable, équipés de missiles balistiques M20 puis M4. La composante aéroportée est également modernisée avec le développement du missile air-sol moyenne portée (ASMP).
La guerre froide se poursuit avec une course aux armements entre les deux blocs. La détente amorcée dans les années 1970 n'empêche pas la modernisation des arsenaux. L'URSS déploie les SS-20, missiles à portée intermédiaire menaçant l'Europe occidentale. La France, sortie du commandement intégré de l'OTAN depuis 1966, doit assurer seule la crédibilité de sa dissuasion. Le choc pétrolier de 1973 contraint les budgets mais l'effort de défense reste prioritaire.
Reforme
LPM 1977-1982 (dissuasion)
juin 1976
Aucun effet de bord documente
« Maintenir la crédibilité de la dissuasion nucléaire française et moderniser les forces armées. »
Source : Orientations de défense de Valéry Giscard d'Estaing
Écart entre promesse et réalisation
La LPM est globalement conforme aux orientations présidentielles. Le budget réel a été légèrement inférieur aux prévisions en raison des contraintes économiques.
Modernisation réussie de la composante sous-marine de la dissuasion nucléaire, avec la mise en service de cinq SNLE entre 1971 et 1985, assurant une permanence à la mer crédible
Lancement du programme Mirage 2000, qui deviendra l'avion de combat principal de l'Armée de l'air pour deux décennies, exporté dans plusieurs pays
Le maintien d'un effort de défense à 3,5 % du PIB pèse sur les autres postes budgétaires dans un contexte de ralentissement économique post-choc pétrolier
La LPM 1977-1982 garantit la crédibilité de la dissuasion française à un moment critique de la guerre froide. La modernisation de la composante sous-marine et le lancement du Mirage 2000 assurent l'indépendance stratégique de la France pour les décennies suivantes. L'effort de défense est un investissement dans la souveraineté nationale.
La course aux armements nucléaires est un gouffre financier et moral. Les milliards investis dans les SNLE et les Mirage auraient pu financer des écoles, des hôpitaux et des logements. La dissuasion nucléaire est un héritage gaulliste anachronique dans une Europe en voie d'intégration. La France devrait investir dans la paix plutôt que dans la capacité de destruction.
Loi de programmation militaire 1977-1982, adoptée le 19 juin 1976
Ministère de la Défense, rapport au Parlement sur l'exécution de la LPM 1977-1982
Vie-publique.fr — LPM 1977-1982 (dissuasion)
Source de verification : Legifrance — Voir le texte officiel
675 réformes vérifiéesvia Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources