Loi de programmation prévoyant 25 milliards d'euros supplémentaires pour la recherche sur dix ans, revalorisant les carrières scientifiques.
Promulguée le 24 décembre 2020, la loi de programmation de la recherche (LPR) pour les années 2021 à 2030 prévoit une augmentation progressive du budget de la recherche publique de 25 milliards d'euros sur dix ans, avec l'objectif d'atteindre 3 % du PIB consacré à la R&D (objectif de Lisbonne). La loi revalorise les carrières des chercheurs et enseignants-chercheurs : augmentation des rémunérations d'entrée de 30 % (aucun chercheur recruté en dessous de deux SMIC), création de « chaires de professeur junior » permettant une titularisation accélérée, et augmentation des primes. Elle renforce l'Agence nationale de la recherche (ANR) avec un quasi-doublement de son budget, visant un taux de succès des appels à projets de 30 % contre 16 % en 2020.
La France consacrait 2,2 % de son PIB à la R&D en 2019, loin de l'objectif européen de 3 %. La crise du Covid-19 a mis en lumière la dépendance de la France en matière de recherche biomédicale et l'exode des cerveaux vers des pays offrant de meilleures conditions (États-Unis, Suisse, Allemagne). Plusieurs rapports alertaient sur le décrochage scientifique français.
Reforme
LPR Recherche 2030
décembre 2020
« Revaloriser significativement les carrières scientifiques et augmenter les moyens de la recherche pour atteindre 3 % du PIB. »
Source : Programme présidentiel 2017, confirmé par le discours aux Mureaux 2020
Écart entre promesse et réalisation
Budget en hausse mais trajectoire « backloadée » sur 2027-2030, rendant l'atteinte des 3 % incertaine.
Revalorisation effective des rémunérations d'entrée des jeunes chercheurs de 20 à 30 % selon les corps
Augmentation du budget de l'ANR de 750 M€ à plus de 1 Md€, améliorant le taux de succès des projets
Augmentation budgétaire fortement concentrée en fin de programmation : seulement 5,1 Md€ sur les 25 Md€ programmés sur les cinq premières années (2021-2025)
Contestation de la généralisation du financement par projets (ANR) au détriment des crédits récurrents, affaiblissant la recherche fondamentale
Les « chaires de professeur junior » créent une voie parallèle de recrutement contestée pour son risque de clientélisme et la précarisation des parcours classiques
La LPR marque le premier réinvestissement massif dans la recherche française depuis des décennies, avec une revalorisation salariale indispensable pour retenir les talents et une montée en puissance de l'ANR qui alignera la France sur les standards internationaux.
La LPR renforce un modèle de recherche par projets à court terme qui affaiblit la recherche fondamentale, précarise les jeunes chercheurs avec les CDI de mission et les CPJ, et reporte l'essentiel de l'effort budgétaire à un horizon incertain, sans garantie que les gouvernements futurs honoreront la trajectoire.
Loi n° 2020-1674 du 24 décembre 2020 de programmation de la recherche pour les années 2021 à 2030
Rapport annexé à la LPR, trajectoire budgétaire 2021-2030
Source de verification : Legifrance — Voir le texte officiel
675 réformes vérifiéesvia Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources