Ouverture à la concurrence du marché des télécommunications, création de l'ART et transformation de France Télécom en société anonyme.
La loi n° 96-659 du 26 juillet 1996 de réglementation des télécommunications transpose la directive européenne d'ouverture totale du marché des télécommunications, prévue pour le 1er janvier 1998. La loi crée l'Autorité de régulation des télécommunications (ART, devenue ARCEP en 2005), régulateur indépendant chargé de garantir la concurrence loyale sur le marché. Elle transforme France Télécom, ancienne direction du ministère des PTT, en société anonyme à capitaux publics (la privatisation partielle interviendra sous Jospin en 1997). La loi définit les obligations de service universel (accès au téléphone pour tous, à un prix abordable), organise les conditions de l'interconnexion entre opérateurs, et prépare l'arrivée de nouveaux acteurs (Cegetel/SFR, Bouygues Telecom). Cette libéralisation constitue la base de la révolution numérique française : elle permettra l'arrivée d'Internet haut débit, la concurrence sur le mobile, et l'émergence de Free en 2002. Le consommateur français bénéficiera d'une baisse spectaculaire des prix des communications.
L'Union européenne impose la libéralisation complète des télécommunications pour le 1er janvier 1998. France Télécom est en situation de monopole depuis un siècle. Les tarifs téléphoniques français sont parmi les plus élevés d'Europe. Les États-Unis et la Grande-Bretagne ont déjà libéralisé avec des résultats positifs pour le consommateur.
Reforme
Libéralisation télécoms
juillet 1996
Baisse massive des prix des télécommunications pour les consommateurs et les entreprises, estimée à -40 % sur le fixe et -60 % sur le mobile entre 1998 et 2005
Développement d'un écosystème de télécommunications dynamique et innovant, avec l'émergence d'opérateurs français de rang mondial
Réductions d'effectifs massives chez France Télécom, passant de 170 000 à 100 000 salariés, avec une vague de suicides liée à la pression managériale dans les années 2000
La libéralisation des télécoms crée les conditions de l'essor d'Internet haut débit en France, avec l'arrivée de Free (dégroupage, 2002) et le développement de la fibre optique
La libéralisation des télécommunications est un succès incontestable pour le consommateur. Les prix ont chuté, la qualité de service a explosé, et la France est devenue l'un des marchés les plus concurrentiels d'Europe. Sans cette réforme, pas d'Internet haut débit, pas de Free, pas de fibre optique.
La libéralisation a certes fait baisser les prix, mais au prix de la destruction du service public des télécommunications et de la souffrance de dizaines de milliers de salariés de France Télécom, soumis à une pression managériale inhumaine pour devenir « rentables ». La privatisation a enrichi les actionnaires et appauvri les travailleurs.
Loi n° 96-659 du 26 juillet 1996 de réglementation des télécommunications
ARCEP — Bilan de dix ans d'ouverture à la concurrence des télécommunications
Source de verification : Legifrance — Voir le texte officiel
675 réformes vérifiéesvia Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources