Réforme de l'irresponsabilité pénale excluant l'abolition du discernement en cas de consommation volontaire de substances psychoactives.
La loi n° 2022-52 du 24 janvier 2022 relative à la responsabilité pénale et à la sécurité intérieure modifie le régime de l'irresponsabilité pénale pour trouble mental (article 122-1 du Code pénal). Elle prévoit que l'abolition du discernement résultant d'une intoxication volontaire (alcool, drogues) ne peut constituer une cause d'irresponsabilité pénale si l'auteur a consommé ces substances dans le dessein de commettre l'infraction ou en sachant que cette consommation pouvait le conduire à commettre des violences. Le texte crée de nouvelles infractions autonomes : l'intoxication volontaire ayant conduit à commettre un meurtre ou des violences, punies de peines allant jusqu'à 10 ans de réclusion criminelle. Cette loi est une réponse directe à l'affaire Sarah Halimi (2017-2021), dans laquelle le meurtrier d'une femme juive a été déclaré pénalement irresponsable en raison d'une bouffée délirante liée à la consommation de cannabis, décision confirmée par la Cour de cassation en avril 2021 et qui a suscité une indignation massive.
L'arrêt de la Cour de cassation du 14 avril 2021 confirmant l'irresponsabilité pénale du meurtrier de Sarah Halimi a provoqué un tollé national et international. Des manifestations ont rassemblé des dizaines de milliers de personnes pour réclamer « justice pour Sarah Halimi ».
Reforme
Loi irresponsabilité pénale (trouble mental)
janvier 2022
Aucun effet de bord documente
Comblement d'un vide juridique concernant l'intoxication volontaire comme cause d'abolition du discernement
Risque de remise en cause du principe psychiatrique fondamental distinguant intoxication volontaire et trouble mental pathologique
Il est inacceptable qu'un individu puisse se droguer volontairement puis bénéficier d'une irresponsabilité pénale pour les actes commis sous l'emprise de cette drogue. La loi rétablit une justice élémentaire et répond à un vide juridique intolérable.
Légiférer sous l'émotion d'un fait divers risque de produire un droit incohérent. La distinction entre trouble mental pathologique et intoxication volontaire est médicalement complexe. La loi pourrait conduire à juger pénalement des personnes atteintes de maladies mentales aggravées par des substances.
Loi n° 2022-52 du 24 janvier 2022 relative à la responsabilité pénale et à la sécurité intérieure
Rapport annuel du Ministere de la Justice
Source de verification : Legifrance — Voir le texte officiel
675 réformes vérifiéesvia Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources