Lancement de la préparation de la LOPSI, loi de programmation sécuritaire prévoyant 13 500 postes supplémentaires et des moyens accrus.
Dès les premières semaines du gouvernement Raffarin 1, Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur, lance la préparation de la loi d'orientation et de programmation pour la sécurité intérieure (LOPSI). Ce texte, qui sera voté le 29 août 2002 sous Raffarin 2, prévoit un effort budgétaire massif sur cinq ans (2003-2007) : création de 13 500 postes dans la police et la gendarmerie, modernisation des équipements, développement de la vidéosurveillance, création de GIR (Groupes d'intervention régionaux) associant police, gendarmerie, douanes et services fiscaux. La LOPSI répond à la demande sécuritaire exprimée lors de l'élection présidentielle, où l'insécurité a été le thème dominant de la campagne. Le texte est préparé en un temps record, Sarkozy multipliant les déplacements sur le terrain et les opérations « coups de poing » médiatiques dans les quartiers sensibles. Le projet de loi est présenté en Conseil des ministres fin mai.
La campagne présidentielle de 2002 a été dominée par le thème de l'insécurité, alimenté par des faits divers médiatisés (agression de Paul Voise) et la montée de la délinquance. La qualification de Le Pen au second tour est interprétée comme un signal d'alarme sécuritaire. Sarkozy veut incarner une rupture avec la politique de sécurité de la gauche.
Reforme
LOPSI (préparation)
mai 2002
« Rétablir la sécurité comme première priorité de l'État, recruter massivement dans la police et la gendarmerie »
Source : Programme présidentiel Jacques Chirac 2002
Écart entre promesse et réalisation
La loi va dans le sens promis avec des moyens supérieurs aux engagements initiaux.
Lancement d'un effort budgétaire sécuritaire sans précédent avec 5,6 milliards d'euros programmés sur 5 ans
Critique d'une approche principalement quantitative (effectifs et moyens) sans réforme structurelle de l'organisation policière
Début de la personnalisation de la politique sécuritaire autour de Nicolas Sarkozy, qui utilise le ministère de l'Intérieur comme tremplin présidentiel
La LOPSI est une réponse nécessaire et proportionnée à l'explosion de la délinquance. Les moyens supplémentaires permettent enfin aux forces de l'ordre de travailler dans des conditions décentes et de rattraper le retard accumulé sous la gauche. [Donnees factuelles : Budget programmé LOPSI 2003-2007 : 5.6 milliards d'euros.]
La LOPSI privilégie une approche répressive et sécuritaire au détriment de la prévention et du traitement social de la délinquance. L'augmentation des effectifs sans réforme de fond ne résoudra pas les causes profondes de l'insécurité.
La LOPSI préparée sous Raffarin 1 est votée définitivement le 29 août 2002 sous Raffarin 2.
Nicolas Sarkozy, discours au Sénat sur la LOPSI, juillet 2002
Cour des comptes — Les effectifs de la police et de la gendarmerie nationales, rapport 2006
Source de verification : Legifrance — Voir le texte officiel
675 réformes vérifiéesvia Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources