Loi de programmation prévoyant 13 500 postes et 5,6 milliards d'euros pour la sécurité intérieure sur 2003-2007.
Adoptée le 29 août 2002, la LOPSI est le premier texte législatif majeur du quinquennat Chirac. Portée par Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur, elle programme sur cinq ans un effort financier de 5,6 milliards d'euros et la création de 13 500 emplois dans la police et la gendarmerie. La loi crée les Groupes d'intervention régionaux (GIR) associant police, gendarmerie, douanes et services fiscaux pour lutter contre l'économie souterraine dans les quartiers. Elle étend la vidéosurveillance, renforce les moyens de la police technique et scientifique, et prévoit la construction de nouveaux commissariats. La LOPSI comprend aussi un volet justice (LOPJ) avec la programmation de la construction de 13 200 places de prison supplémentaires et le recrutement de 950 magistrats. Ce texte marque un tournant sécuritaire assumé, rompant avec la doctrine de la « police de proximité » mise en place par la gauche sous Jospin. La LOPSI sera prolongée par la LOPPSI 2 en 2011 sous Sarkozy.
L'insécurité a dominé la campagne présidentielle de 2002. La qualification de Le Pen au second tour est interprétée comme un vote sanction sur la sécurité. Sarkozy veut démontrer une rupture totale avec la politique de la gauche, abandonnant la police de proximité au profit d'une police de résultats mesurés par des statistiques.
« Faire de la sécurité la première priorité du quinquennat, recruter massivement dans les forces de l'ordre »
Source : Programme présidentiel Jacques Chirac 2002
Écart entre promesse et réalisation
La loi dépasse les engagements initiaux en termes de moyens budgétaires et d'effectifs programmés.
Baisse de la délinquance constatée de 2002 à 2005 : les faits de délinquance générale reculent de 8,3 % entre 2002 et 2004
Modernisation des équipements des forces de l'ordre et amélioration des conditions de travail
Critique méthodologique des statistiques du ministère de l'Intérieur : la baisse de la délinquance constatée peut résulter d'une moindre prise de plaintes plutôt que d'une baisse réelle
Abandon de la police de proximité dans les quartiers populaires, détériorant les relations police-population
Introduction d'une culture du chiffre dans la police, poussant à la « course aux statistiques » au détriment du travail de fond
La suppression de la police de proximité et le virage répressif contribuent à la dégradation des relations entre police et jeunes des quartiers populaires, terreau des émeutes de novembre 2005 qui éclatent après la mort de Zyed Benna et Bouna Traoré lors d'une course-poursuite avec la police à Clichy-sous-Bois
La LOPSI est une réponse ambitieuse et efficace à la crise sécuritaire. L'augmentation massive des moyens et la culture du résultat ont permis une baisse réelle de la délinquance, redonnant confiance aux Français dans leur police. [Donnees factuelles : Baisse de la délinquance constatée de 2002 à 2005 : les faits de délinquance générale reculent de 8,3 % entre 2002 et 2004 : 4113882 → 3771849 faits constatés.]
La LOPSI privilégie le tout-répressif au détriment de la prévention. La suppression de la police de proximité a détruit le lien police-population dans les quartiers et contribué à la montée des tensions qui explosèrent en novembre 2005.
Légifrance — Loi n° 2002-1094 du 29 août 2002 (LOPSI)
Ministère de l'Intérieur — Statistiques de la délinquance constatée 2002-2004
ONDRP — Limites de l'outil statistique de mesure de la délinquance
Source de verification : Legifrance — Voir le texte officiel
675 réformes vérifiéesvia Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources