Stabilisation du budget de défense après les coupes Sarkozy. Adaptation à l'engagement au Mali et aux menaces terroristes.
La loi de programmation militaire 2014-2019 (loi n° 2013-1168 du 18 décembre 2013) est élaborée dans le contexte du Livre blanc de la défense 2013 et de l'opération Serval au Mali lancée en janvier 2013. Elle programme un budget de défense maintenu à 31,4 milliards d'euros annuels (norme « 1,5 % du PIB »), mettant fin à la spirale de coupes des années précédentes. La LPM prévoit néanmoins 23 500 suppressions de postes supplémentaires sur la période, portant le format des armées à environ 242 000 militaires et civils. Les attentats de janvier et novembre 2015 conduisent à une actualisation majeure en juillet 2015 : 18 750 postes sont sauvegardés, les effectifs de l'opération intérieure Sentinelle sont pérennisés, et un effort budgétaire supplémentaire de 3,8 milliards d'euros est programmé. La LPM confirme les grands programmes (Rafale, FREMM, A400M, MRTT Phénix) et lance la modernisation de la composante nucléaire (sous-marins SNLE 3G). L'engagement au Sahel (opération Barkhane à partir de 2014) pèse durablement sur les budgets de fonctionnement.
La France est engagée militairement au Mali depuis janvier 2013 (opération Serval puis Barkhane). Le Livre blanc 2013 confirme l'ambition d'une armée capable d'intervenir sur tout le spectre. Les attentats de 2015 bouleversent les priorités.
Reforme
LPM 2014-2019
décembre 2013
Aucun effet de bord documente
« Maintenir l'effort de défense à un niveau suffisant pour garantir l'autonomie stratégique »
Source : Programme présidentiel François Hollande 2012
Écart entre promesse et réalisation
Le budget est stabilisé mais les suppressions de postes prévues sont partiellement annulées après les attentats de 2015.
La stabilisation puis la remontée budgétaire post-attentats ont permis de maintenir la capacité d'engagement simultané sur plusieurs théâtres (Sahel, Levant, Sentinelle)
L'accumulation des engagements opérationnels (Barkhane, Chammal, Sentinelle) au-delà des hypothèses de la LPM a provoqué une surchauffe des armées et une usure accélérée des matériels
La LPM 2014-2019, surtout après son actualisation de 2015, a permis de stopper l'hémorragie budgétaire et de préserver un outil militaire capable de répondre à des menaces multiples et simultanées. La France a pu intervenir au Mali, en Irak/Syrie et assurer Sentinelle.
La LPM a été sous-dimensionnée dès le départ : les 23 500 suppressions de postes prévues initialement étaient irréalistes au regard de la multiplication des engagements. Les armées ont été suremployées bien au-delà du contrat opérationnel, fragilisant la formation et la préparation.
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