Grâces présidentielles et commutation de toutes les peines de mort en préfiguration de l'abolition.
Dès les premiers jours du septennat, François Mitterrand prend une série de mesures symboliques marquant la rupture avec la présidence Giscard. La plus emblématique est la commutation immédiate de toutes les peines de mort en peines de réclusion criminelle à perpétuité, préfigurant l'abolition votée en octobre 1981. Philippe Maurice, condamné à mort, voit sa peine commuée le 28 mai 1981. Parallèlement, des grâces présidentielles sont accordées à plusieurs détenus, notamment des militants d'extrême gauche et des objecteurs de conscience. Le gouvernement annonce également la hausse immédiate du SMIC de 10 %, des allocations familiales de 25 % et du minimum vieillesse de 20 %, même si ces mesures seront formellement adoptées lors du Conseil des ministres du 26 juin. Ces gestes inauguraux affirment l'identité de gauche du nouveau pouvoir.
La France est le dernier pays d'Europe occidentale à pratiquer la peine de mort. Plusieurs condamnés attendent leur exécution. Mitterrand avait pris position contre la peine de mort pendant la campagne, contre l'opinion majoritaire.
Reforme
Grâces et mesures symboliques
mai 1981
Aucun effet de bord documente
« Abolition de la peine de mort (110 propositions, proposition n° 56) »
Source : Programme des 110 propositions pour la France
Écart entre promesse et réalisation
Les grâces immédiates constituent une étape préparatoire conforme à la promesse, l'abolition législative suivant en octobre 1981.
Aucune exécution capitale n'a plus eu lieu en France après le 10 mai 1981
Signal fort de rupture symbolique avec l'ancien régime politique, marquant l'identité de l'alternance
Critiques de la droite accusant le président d'un excès de clémence envers des criminels condamnés
Ces mesures de grâce témoignaient de la cohérence entre les convictions affichées pendant la campagne et l'exercice du pouvoir. Elles ont donné un élan symbolique puissant à l'alternance et engagé de facto le processus d'abolition.
L'usage massif du droit de grâce présidentiel, sans attendre le débat parlementaire sur l'abolition, a été perçu comme un acte de pouvoir personnel contournant la représentation nationale et l'opinion publique majoritairement favorable à la peine de mort.
L'abolition législative de la peine de mort parachève les grâces et commutations de mai 1981.
Robert Badinter, L'Abolition
Pierre Favier et Michel Martin-Roland, La Décennie Mitterrand, tome 1
Vie-publique.fr — Grâces et mesures symboliques
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675 réformes vérifiéesvia Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources