Lancement de l'espace numérique de santé pour tous les assurés, remplaçant le DMP, avec dossier médical partagé, messagerie sécurisée et catalogue d'applications.
Lancé le 1er janvier 2022 après une phase pilote dans trois départements, Mon Espace Santé (MES) est un service numérique public gratuit activé automatiquement pour chaque assuré social français, sauf opposition explicite. Il remplace et élargit le Dossier Médical Partagé (DMP), projet vieux de vingt ans qui n'avait jamais réussi à décoller. Mon Espace Santé comprend quatre briques : un dossier médical complet alimenté automatiquement par les professionnels de santé (ordonnances, résultats d'analyses, comptes rendus d'hospitalisation), une messagerie sécurisée de santé permettant les échanges entre patient et professionnels, un agenda santé centralisant les rendez-vous et rappels de vaccinations, et un catalogue d'applications et services numériques de santé référencés par l'État (téléconsultation, suivi de pathologies chroniques). Le déploiement est massif : 65 millions d'espaces sont créés automatiquement, avec un taux d'opposition de seulement 0,7 %. La doctrine du numérique en santé, portée par la Délégation ministérielle au numérique en santé (DNS) et l'Agence du numérique en santé (ANS), vise à faire de la France un leader européen de la e-santé. Cependant, l'adoption réelle reste progressive, avec des enjeux de formation des professionnels et d'accessibilité pour les publics éloignés du numérique.
La crise du Covid-19 a accéléré la digitalisation de la santé, avec l'explosion de la téléconsultation (de 10 000 à 5,5 millions d'actes par mois au pic de la pandémie). Le DMP, créé par la loi de 2004, n'avait jamais atteint sa cible faute d'alimentation par les professionnels. La feuille de route du numérique en santé 2020-2025 pose les bases d'un écosystème intégré.
Reforme
Mon Espace Santé
janvier 2022
« Chaque Français disposera d'un espace numérique de santé sécurisé lui permettant d'être acteur de sa santé. »
Source : Ma Santé 2022, plan présenté par Emmanuel Macron le 18 septembre 2018
Écart entre promesse et réalisation
Espace lancé comme prévu, mais l'adoption active par les usagers et l'alimentation par les professionnels restent insuffisantes.
Création automatique de 65 millions d'espaces numériques de santé, avec un taux d'opposition inférieur à 1 %
Faible taux d'activation et d'utilisation réelle par les usagers : moins de 10 % des espaces activement utilisés dans la première année
Risques de fracture numérique : les personnes âgées, en situation de handicap ou socialement défavorisées ont difficilement accès au service
Préoccupations sur la protection des données de santé, malgré l'hébergement certifié HDS (Hébergeur de Données de Santé)
Mon Espace Santé représente une avancée majeure pour la coordination des soins, la réduction des examens redondants et l'autonomie des patients. L'activation par défaut résout le problème du DMP qui avait échoué faute d'adoption volontaire.
L'activation par défaut pose un problème de consentement éclairé sur des données sensibles. Le faible taux d'utilisation réelle montre que la technologie ne résout pas les problèmes d'organisation du système de soins. Le service risque d'aggraver la fracture numérique en santé.
Article L. 1111-13-1 du Code de la santé publique (espace numérique de santé)
Mon Espace Santé, site officiel
Vie-publique.fr — Mon Espace Santé
Source de verification : Legifrance — Voir le texte officiel
675 réformes vérifiéesvia Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources