Escalade du conflit entre indépendantistes kanaks et loyalistes caldoches, assassinat d'Éloi Machoro, tentatives de résolution par le statut Fabius-Pisani.
La Nouvelle-Calédonie connaît une escalade dramatique du conflit entre les indépendantistes kanaks du FLNKS (Front de Libération Nationale Kanak et Socialiste), dirigé par Jean-Marie Tjibaou, et les loyalistes caldoches du RPCR. Le 5 décembre 1984, dix Kanaks sont tués à Hienghène par des loyalistes. Les affrontements se multiplient. Le 12 janvier 1985, Éloi Machoro, leader indépendantiste, est tué par le GIGN lors d'un assaut controversé. Le haut-commissaire Edgard Pisani propose un plan d'indépendance-association, rejeté par les loyalistes. Le statut Fabius-Pisani de 1985 tente un compromis en créant des régions autonomes au sein du territoire, avec une promesse de référendum d'autodétermination. La situation reste explosive. L'état d'urgence est déclaré en Nouvelle-Calédonie le 12 janvier 1985. La crise ne sera résolue que par les accords de Matignon de 1988 (sous Rocard) et l'accord de Nouméa de 1998.
Le FLNKS réclame l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie. Les loyalistes, majoritairement européens, veulent rester français. Le gouvernement socialiste est tiraillé entre son soutien théorique à la décolonisation et les réalités du rapport de force sur le terrain.
Reforme
Nouvelle-Calédonie (tensions)
janvier 1985
Aucun effet de bord documente
« Favoriser l'émancipation des territoires d'outre-mer et le droit des peuples à l'autodétermination »
Source : Orientation générale du PS sur la décolonisation
Écart entre promesse et réalisation
Le gouvernement tente un compromis qui ne satisfait ni les indépendantistes ni les loyalistes.
Le statut Fabius-Pisani pose le principe de régions autonomes et d'un référendum d'autodétermination, préfigurant les solutions ultérieures
Bilan humain dramatique : dizaines de morts entre 1984 et 1988, dont des civils kanaks et le leader Éloi Machoro
Échec de la tentative de résolution : le statut Fabius-Pisani est rejeté par les loyalistes et insuffisant pour les indépendantistes
Le gouvernement Fabius a tenté un compromis courageux dans une situation quasi insurrectionnelle. Le statut Fabius-Pisani a posé les bases du dialogue qui aboutira aux accords de Matignon et de Nouméa.
La gestion de la crise par le gouvernement a été chaotique et violente. L'assassinat d'Éloi Machoro par le GIGN et l'état d'urgence contredisent les discours de décolonisation. Le statut proposé ne satisfaisait personne.
Les accords de Matignon de 1988, négociés par Michel Rocard avec Jean-Marie Tjibaou et Jacques Lafleur, mettent fin à la crise.
L'accord de Nouméa organise un processus d'autodétermination progressive.
Statut Fabius-Pisani pour la Nouvelle-Calédonie, 1985
Alban Bensa, Nouvelle-Calédonie : vers l'émancipation, Gallimard, 1998
Vie-publique.fr — Nouvelle-Calédonie (tensions)
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675 réformes vérifiéesvia Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources