Intervention militaire française au Mali contre les groupes djihadistes, plus grande opération extérieure depuis la guerre d'Algérie, devenue Barkhane en 2014.
Le 11 janvier 2013, le président Hollande déclenche l'opération Serval en réponse à l'offensive des groupes armés djihadistes (AQMI, Ansar Dine, MUJAO) vers le sud du Mali, menaçant Bamako. L'armée française déploie rapidement 4 500 soldats, des avions de chasse et des hélicoptères de combat. En quelques semaines, les forces françaises, appuyées par les armées malienne et tchadienne, reprennent les villes de Gao, Tombouctou et Kidal. L'intervention est saluée internationalement et par la population malienne. En août 2014, Serval est transformée en opération Barkhane, plus vaste, couvrant cinq pays du Sahel (Mali, Niger, Tchad, Burkina Faso, Mauritanie) dans le cadre du G5 Sahel, avec jusqu'à 5 100 militaires français déployés.
Le nord du Mali est tombé aux mains de groupes touaregs (MNLA) puis djihadistes à la faveur du coup d'État de mars 2012 à Bamako. La résolution 2085 du Conseil de sécurité de l'ONU (décembre 2012) autorise une force africaine mais son déploiement est trop lent. L'offensive djihadiste vers le sud début janvier 2013 crée une urgence absolue : sans intervention immédiate, Bamako pourrait tomber. Hollande prend la décision en quelques heures.
Reforme
Opération Serval / Barkhane
janvier 2013
Empêchement de la prise de Bamako et de la constitution d'un sanctuaire djihadiste au Sahel, à quelques heures de vol de l'Europe
Démonstration de la capacité opérationnelle des forces armées françaises : projection de 4 500 soldats en quelques jours sur un théâtre de 1 000 km de profondeur, avec un succès tactique rapide
Enlisement militaire : 9 années d'opérations sans stabilisation durable de la zone, 59 soldats français tués, coût cumulé dépassant 8 milliards d'euros
Retrait contraint dans l'humiliation : les coups d'État successifs au Mali et au Burkina Faso ont chassé la France, au profit de la Russie (Wagner), ruinant l'investissement politique et militaire
Le déploiement massif au Sahel a contraint l'armée française à réviser ses ambitions stratégiques et accéléré la réflexion sur les limites des opérations extérieures dans des États faillis
L'intervention Serval a empêché la constitution d'un État djihadiste au Sahel à quelques heures de vol de la France et de l'Europe. Sans la décision rapide de Hollande, le Mali serait tombé et le risque terroriste pour l'Europe aurait été démultiplié. L'armée française a prouvé sa capacité de projection et protégé les intérêts vitaux de sécurité du continent.
L'intervention au Mali illustre le piège néocolonial dans lequel la France s'enferre en Afrique. En intervenant militairement sans stratégie politique de sortie, la France s'est enlisée dans un conflit interminable, suscitant un ressentiment anti-français croissant. Le bilan final — retrait humiliant, influence russe renforcée, instabilité aggravée — invalide rétrospectivement toute la stratégie. [Donnees factuelles : Soldats français tués : 59 morts au combat.]
Décret du 11 janvier 2013 portant engagement des forces armées au Mali
Sénat, Rapport d'information sur les opérations au Sahel, 2021
IFRI, L'opération Serval, Focus stratégique, 2013
Vie-publique.fr — Opération Serval / Barkhane
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675 réformes vérifiéesvia Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources