Refus français de participer à l'invasion de l'Irak, incarné par le discours historique de Dominique de Villepin au Conseil de sécurité de l'ONU.
Le 14 février 2003, Dominique de Villepin, ministre des Affaires étrangères, prononce devant le Conseil de sécurité des Nations Unies un discours historique contre le projet de résolution américano-britannique autorisant l'usage de la force en Irak. Ce discours, applaudi dans l'enceinte de l'ONU — fait exceptionnel —, affirme que la guerre n'est pas inévitable et que les inspections de Hans Blix doivent se poursuivre. La France menace d'utiliser son droit de veto au Conseil de sécurité. Cette position, décidée personnellement par Jacques Chirac, s'inscrit dans la tradition gaulliste d'indépendance nationale et de multilatéralisme. Elle fait de la France le porte-voix de l'opposition internationale à la guerre préventive américaine.
Après les attentats du 11 septembre 2001, les États-Unis de George W. Bush préparent l'invasion de l'Irak de Saddam Hussein, accusé de détenir des armes de destruction massive. Colin Powell présente au Conseil de sécurité des « preuves » qui s'avéreront fabriquées. La France, traditionnellement présente au Moyen-Orient et méfiante envers l'unilatéralisme américain, s'oppose à cette guerre préventive.
Reforme
Non à la guerre d'Irak
février 2003
Prestige diplomatique considérable : la France s'affirme comme voix indépendante dans un monde unipolaire, soutenue par plus de 80 % de l'opinion française
Validation a posteriori de la position française : aucune arme de destruction massive n'a été trouvée en Irak, confirmant l'analyse française
Grave crise diplomatique avec les États-Unis et le Royaume-Uni, gel partiel de la coopération bilatérale
Perte d'influence de la France auprès des nouveaux membres de l'UE (Europe de l'Est), alignés sur Washington
Remontée de la popularité de Chirac, qui atteint 60 % d'opinions favorables grâce à sa position sur l'Irak, contrastant avec l'impopularité de sa politique intérieure
Le refus français crée un précédent diplomatique exploité ultérieurement par d'autres puissances (Allemagne, Turquie) pour s'opposer aux interventions américaines, affaiblissant durablement la capacité des États-Unis à constituer des coalitions multilatérales et accélérant la transition vers un monde multipolaire
Le refus de la guerre d'Irak est le moment de gloire de la diplomatie française sous la Ve République après le départ de De Gaulle. La France a eu raison seule contre tous, l'histoire lui a donné raison. C'est un acte de courage et de lucidité géopolitique. [Donnees factuelles : Soutien de l'opinion au refus de la guerre : 80 % d'approbation.]
Le refus français est avant tout un calcul cynique : la France défend ses intérêts pétroliers en Irak (Total) et ses créances sur le régime de Saddam Hussein. La posture gaulliste masque un jeu d'influence au Moyen-Orient.
ONU — Discours de Dominique de Villepin au Conseil de sécurité, 14 février 2003
CIA — Rapport Duelfer : Iraq Survey Group Final Report
IFRI — La crise transatlantique : France-États-Unis après l'Irak
Vie-publique.fr — Non à la guerre d'Irak
Source de verification : Legifrance — Voir le texte officiel
675 réformes vérifiéesvia Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources