Adoption du Pacte de stabilité et de croissance imposant aux pays de la zone euro un déficit inférieur à 3 % du PIB et une dette sous 60 %.
Lors du Conseil européen de Dublin les 13 et 14 décembre 1996, les États membres de l'Union européenne adoptent le Pacte de stabilité et de croissance (PSC), complétant le traité de Maastricht. Porté par l'Allemagne (le ministre des Finances Theo Waigel exigeait initialement un « Pacte de stabilité » sans le mot « croissance »), le PSC impose aux pays participant à l'Union économique et monétaire de maintenir leur déficit public sous 3 % du PIB et leur dette publique sous 60 % du PIB, sous peine de sanctions financières pouvant atteindre 0,5 % du PIB. La France, sous l'impulsion de Chirac et Juppé, obtient l'ajout du mot « croissance » au titre et l'introduction de flexibilités permettant de dépasser temporairement les 3 % en cas de récession sévère. Le PSC contraint durablement la politique budgétaire française et européenne. Il sera violé par la France et l'Allemagne dès 2003, suspendu de facto pendant la crise de 2008-2012, et réformé en 2024. Les critiques de gauche y voient un carcan austéritaire, celles de droite un cadre de discipline insuffisamment respecté.
Le traité de Maastricht (1992) a fixé les critères de convergence pour l'euro mais sans mécanisme de discipline budgétaire post-adhésion. L'Allemagne craint que les pays du Sud (Italie, Espagne) ne relâchent leurs efforts une fois entrés dans l'euro. La France, dont le déficit dépasse 4 % du PIB, fait un effort budgétaire majeur pour qualifier à temps.
Reforme
Pacte de stabilité
décembre 1996
« Conduire la France dans l'euro dans les meilleures conditions »
Source : Déclarations de Jacques Chirac et Alain Juppé, 1995-1996
Écart entre promesse et réalisation
Le pacte est conclu mais les contraintes qu'il impose limiteront durablement les marges de manœuvre budgétaires de la France.
Cadre de discipline budgétaire contribuant à la réduction des déficits publics en Europe et à la crédibilité de l'euro sur les marchés
Contrainte budgétaire rigide empêchant la France de mener des politiques contracycliques en période de ralentissement économique
Biais déflationniste du pacte, orientant les politiques européennes vers l'austérité au détriment de l'investissement public
La France et l'Allemagne violent le pacte dès 2003, sapant sa crédibilité et illustrant l'impossibilité de sanctionner les grands pays
Le Pacte de stabilité est indispensable pour garantir la solidité de la monnaie unique. Sans discipline budgétaire commune, les pays laxistes feraient porter le coût de leurs déficits à l'ensemble de la zone euro. La France a obtenu des flexibilités raisonnables et le mot « croissance » dans le titre.
Le Pacte de stabilité est un carcan néolibéral imposé par l'ordolibéralisme allemand. En fixant des seuils arbitraires de 3 % et 60 %, il empêche les États d'investir et de mener des politiques sociales ambitieuses. La France a accepté des chaînes budgétaires qui la privent de sa souveraineté économique.
Conclusions du Conseil européen de Dublin, 13-14 décembre 1996
Jean-Paul Fitoussi, La Règle et le choix, Seuil, 2002
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