La France adopte l'euro : monnaie scripturale le 1er janvier 1999, puis pièces et billets le 1er janvier 2002, remplaçant le franc.
Le passage à l'euro constitue la transformation économique la plus profonde de l'ère Jospin, aboutissement du processus lancé par le traité de Maastricht (1992). Le 1er janvier 1999, l'euro devient la monnaie officielle de onze pays de l'Union européenne, dont la France, sous forme scripturale (marchés financiers, transactions interbancaires, comptabilité d'entreprise). Le taux de conversion est fixé irrévocablement : 1 euro = 6,55957 francs. Le 1er janvier 2002, les pièces et billets en euros entrent en circulation, les francs pouvant être utilisés en parallèle jusqu'au 17 février 2002.
Le traité de Maastricht (1992), ratifié par référendum avec seulement 51 % des voix, a engagé la France dans la construction de la monnaie unique. Les critères de convergence (déficit < 3 %, dette < 60 %, inflation maîtrisée) ont conditionné la politique budgétaire française pendant les années 1990. La Banque centrale européenne (BCE) est créée en 1998 et fixe la politique monétaire pour la zone euro, privant la France de sa souveraineté monétaire.
Reforme
Passage à l'euro
janvier 1999
« Jospin s'engage à mener la transition vers l'euro dans de bonnes conditions tout en renégociant le pacte de stabilité pour y ajouter un volet croissance et emploi »
Source : Déclaration de politique générale, juin 1997
Écart entre promesse et réalisation
La transition technique est parfaitement exécutée. L'ajout d'un volet « croissance et emploi » au pacte de stabilité reste symbolique (Conseil européen d'Amsterdam, juin 1997).
Suppression des coûts de change et du risque de change dans la zone euro, facilitant les échanges commerciaux intra-européens de la France
Taux d'intérêt historiquement bas pour la France grâce à la crédibilité de la BCE, réduisant le coût de la dette publique et stimulant l'investissement immobilier
Perte de souveraineté monétaire : la France ne peut plus dévaluer sa monnaie ni fixer ses taux d'intérêt en fonction de sa conjoncture économique propre
Perception généralisée de hausse des prix (« l'euro cher ») affectant durablement la confiance des consommateurs, malgré une inflation mesurée faible
Divergence croissante des économies de la zone euro : la politique monétaire unique de la BCE est inadaptée simultanément à la France, l'Allemagne, l'Espagne et la Grèce, alimentant les déséquilibres
La disparition du franc, monnaie nationale depuis le XIVe siècle, nourrit un sentiment de perte identitaire et un discours eurosceptique durable dans une partie de l'opinion
Le passage à l'euro est l'aboutissement réussi du plus grand projet de construction européenne depuis le traité de Rome. Il offre à la France une monnaie forte, des taux d'intérêt bas, la stabilité des prix, et l'appartenance à la deuxième zone monétaire mondiale. L'euro protège la France des crises de change et des spéculations qui ont ravagé le franc dans les années 1990.
L'euro prive la France de l'instrument essentiel d'ajustement qu'est la politique monétaire. La monnaie unique, taillée pour l'économie allemande, impose à la France une surévaluation permanente qui détruit sa compétitivité industrielle. La contrainte du pacte de stabilité empêche toute politique budgétaire contra-cyclique. L'euro est un carcan monétaire qui condamne la France au chômage de masse et à la désindustrialisation.
Banque centrale européenne — Rapport sur le passage à l'euro fiduciaire, 2002
Banque de France — Les premiers effets du passage à l'euro, 2002
INSEE — Inflation perçue et inflation mesurée lors du passage à l'euro, 2004
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