Plan d'austérité de 65 milliards de francs : gel des dépenses publiques, hausse des prélèvements, contrôle des changes renforcé.
Le plan d'austérité présenté par le ministre de l'Économie Jacques Delors le 25 mars 1983 constitue la traduction concrète du tournant de la rigueur. Il comprend un ensemble de mesures visant à réduire le déficit budgétaire et le déficit extérieur : économies de 24 milliards de francs sur les dépenses publiques, prélèvements supplémentaires de 40 milliards de francs (emprunt obligatoire de 10 % sur l'impôt sur le revenu, taxation des carburants et du tabac, relèvement de la vignette automobile, cotisations sociales accrues), renforcement du contrôle des changes (limitation à 2 000 francs des devises emportées à l'étranger), gel des prix et des revenus. Ce plan marque une rupture brutale avec la politique de relance de 1981-1982. Il sera suivi d'un deuxième plan de rigueur en mars 1984 (20 milliards de francs d'économies supplémentaires). La politique d'austérité est poursuivie sous le gouvernement Fabius.
Le déficit budgétaire atteint 3 % du PIB, le déficit commercial est de 93 milliards de francs, les réserves de change s'épuisent. La troisième dévaluation du franc impose des mesures correctives drastiques.
Reforme
Plan Delors
mars 1983
Réduction significative du déficit commercial entre 1982 et 1985
Assainissement progressif des finances publiques et ralentissement de l'inflation
Impact récessif sur l'économie : croissance de seulement 1,2 % en 1983 contre 2,5 % en 1982
L'emprunt obligatoire de 10 % sur l'impôt sur le revenu est très impopulaire auprès des classes moyennes, base électorale du PS
Le contrôle des changes de 1983, limitant à 2 000 francs les devises emportées à l'étranger, provoque un effet psychologique négatif sur l'image internationale de la France, alimentant les comparaisons avec les régimes à économie dirigée et accélérant paradoxalement les réflexions sur la libéralisation financière qui sera menée dès 1984-1986
Le plan d'austérité inaugure la doctrine de la « désinflation compétitive » qui dominera la politique économique française pendant quinze ans (1983-1999), consistant à privilégier la stabilité monétaire et la compétitivité-prix au détriment de la croissance et de l'emploi, jusqu'à l'entrée dans l'euro
Le plan Delors a rétabli les grands équilibres macroéconomiques et évité une crise financière majeure. Sans cette purge, la France aurait connu une spirale dévaluation-inflation incontrôlable.
Le plan d'austérité a fait payer le coût de l'ajustement aux ménages modestes et aux classes moyennes (emprunt obligatoire, gel des salaires) plutôt qu'aux détenteurs de capitaux. Il a sacrifié la croissance et l'emploi au nom de la stabilité monétaire. [Donnees factuelles : Impact récessif sur l'économie : croissance de seulement 1,2 % en 1983 contre 2,5 % en 1982 : 2.5 → 1.2 % annuel.]
Mesures du plan de rigueur du 25 mars 1983
Jean-Charles Asselain, Histoire économique de la France, Seuil, 1984
Source de verification : Vie-publique.fr
675 réformes vérifiéesvia Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources