Deuxième plan de rigueur de 1,2 milliard d'euros après la perte du triple A : hausse de la CSG sur les revenus du capital, gel des prestations.
Cinq jours après la dégradation de la note souveraine française par Standard & Poor's (13 janvier 2012), le gouvernement Fillon annonce le 18 janvier un deuxième plan d'économies de 1,2 milliard d'euros. Ce plan complémentaire comprend : l'augmentation du taux de CSG sur les revenus du capital (de 8,2 % à 8,6 %), l'accélération de la convergence du taux d'imposition des sociétés (contribution additionnelle de 5 % pour les grandes entreprises), le gel de certaines dépenses ministérielles, la réduction des niches fiscales sur les plus-values immobilières, et l'avancement de mesures déjà prévues. Ce second plan, combiné au premier de novembre 2011, porte l'effort total de consolidation budgétaire à plus de 8 milliards d'euros. Il intervient dans un contexte politique tendu : la campagne présidentielle est lancée et l'opposition dénonce l'inefficacité de l'austérité sarkozyste. La perte du triple A, que Sarkozy avait érigée en enjeu de crédibilité, constitue un échec politique majeur à quatre mois de l'élection.
La perte du triple A par Standard & Poor's le 13 janvier 2012 est un choc politique. Sarkozy avait déclaré que la perte de cette note serait « une catastrophe ». Les marchés réagissent modérément, mais l'opposition exploite le symbole. Le spread OAT-Bund s'élargit à 150 points de base. Le gouvernement doit montrer sa détermination à réduire le déficit.
Reforme
Plan d'austérité Fillon II
janvier 2012
Signal de crédibilité envoyé aux marchés financiers : le spread OAT-Bund se stabilise puis diminue au premier semestre 2012
L'accumulation de plans d'austérité en fin de quinquennat contraste avec les baisses d'impôts massives du début (TEPA), révélant une absence de stratégie budgétaire cohérente
Le thème de la dette et de la rigueur domine la campagne présidentielle de 2012, Hollande accusant Sarkozy d'avoir aggravé les déficits avant de tenter de les réduire dans l'urgence
Après la perte du triple A, le gouvernement réagit avec responsabilité en renforçant immédiatement l'effort budgétaire. La France montre aux marchés et à ses partenaires européens qu'elle prend le redressement de ses finances au sérieux. [Donnees factuelles : Signal de crédibilité envoyé aux marchés financiers : le spread OAT-Bund se stabilise puis diminue au premier semestre 2012 : 150 → 110 points de base.]
Ce deuxième plan est un aveu d'échec. Après cinq ans au pouvoir, Sarkozy laisse des déficits records et une dette alourdie de 600 milliards d'euros. L'austérité de dernière minute est à la fois insuffisante et injuste, faisant payer aux ménages les erreurs budgétaires du quinquennat.
Premier ministre — Mesures complémentaires de redressement des finances publiques, 18 janvier 2012
Standard & Poor's — Abaissement de la note souveraine de la France, 13 janvier 2012
Vie-publique.fr — Plan d'austérité Fillon II
Source de verification : Vie-publique.fr
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