Plan d'austérité combinant blocage des prix, maîtrise des dépenses publiques et lutte contre l'inflation, rompant avec la relance keynésienne de Chirac.
Le 22 septembre 1976, Raymond Barre, présenté par Giscard comme « le meilleur économiste de France », annonce un plan d'austérité global pour lutter contre l'inflation (alors à 10 %), le déficit commercial et la dégradation des finances publiques. Le plan comprend plusieurs volets : blocage des prix des produits industriels et des services pour trois mois, encadrement strict du crédit, augmentation de la fiscalité (TVA portée de 17,6 % à 17,6 % pour les produits courants, hausse de l'impôt sur les sociétés), réduction des dépenses publiques, et modération salariale. Le plan rompt radicalement avec la politique de relance keynésienne menée par Jacques Chirac. Il s'inscrit dans une vision libérale de l'économie : Barre considère que seule la rigueur budgétaire et la désinflation permettront de restaurer la compétitivité française et de préparer une croissance saine. Le plan est impopulaire mais marque le début d'une politique économique cohérente qui sera poursuivie sous les trois gouvernements Barre.
L'inflation atteint 10 % en 1976, le déficit commercial se creuse et le franc est sous pression. La politique de relance de Chirac a relancé la croissance mais aggravé les déséquilibres. Giscard choisit Barre pour incarner le virage vers la rigueur. La gauche unie autour du Programme commun attaque la politique d'austérité.
Amorce de la décélération de l'inflation : de 10,8 % en 1976 à 9,4 % en 1977
Début de l'assainissement des finances publiques et de la crédibilité monétaire de la France
Ralentissement de la croissance économique : le PIB ne progresse que de 3,2 % en 1977 contre 4,4 % en 1976
Poursuite de la montée du chômage, passant de 900 000 à plus d'un million de demandeurs d'emploi
Baisse du pouvoir d'achat des salariés due à la modération salariale combinée à l'inflation résiduelle
Forte impopularité du gouvernement Barre, contribuant aux difficultés de la majorité aux élections municipales de mars 1977
Le plan Barre est une thérapie de choc nécessaire après les erreurs de la relance Chirac. Seule la rigueur monétaire et budgétaire peut restaurer la compétitivité française et préparer une croissance saine sur le long terme. [Donnees factuelles : Amorce de la décélération de l'inflation : de 10,8 % en 1976 à 9,4 % en 1977 : 10.8 → 9.4 %.]
Le plan Barre sacrifie l'emploi et le pouvoir d'achat sur l'autel de la lutte anti-inflationniste. C'est une politique d'austérité au service des rentiers et du patronat, qui aggrave les inégalités sociales. [Donnees factuelles : Ralentissement de la croissance économique : le PIB ne progresse que de 3,2 % en 1977 contre 4,4 % en 1976 : 4.4 → 3.2 % ; Poursuite de la montée du chômage, passant de 900 000 à plus d'un million de demandeurs d'emploi : 900000 → 1060000 demandeurs d'emploi.]
Banque de France — Politique monétaire et lutte contre l'inflation, 1976-1981
Raymond Barre, L'Expérience du pouvoir
INSEE — Indice des prix à la consommation 1976-1977
Vie-publique.fr — Plan Barre (1976)
Source de verification : Vie-publique.fr
675 réformes vérifiéesvia Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources