Diplomatie active de la France dans la crise bosniaque, avec maintien de la FORPRONU et tentatives de médiation, dans un contexte de cohabitation entre Balladur et Mitterrand.
La politique étrangère du gouvernement Balladur en Bosnie-Herzégovine illustre la complexité de la cohabitation dans le domaine du « domaine réservé » présidentiel. La France, avec 6 000 soldats déployés dans le cadre de la FORPRONU, est le premier contributeur européen aux forces de maintien de la paix. Balladur et son ministre des Affaires étrangères Alain Juppé cherchent à infléchir la politique bosniaque dans un sens plus favorable aux Bosniaques musulmans, critiquant l'attitude de Mitterrand jugée trop conciliante envers les Serbes de Bosnie. Le Premier ministre soutient le plan du « groupe de contact » (États-Unis, Russie, France, Royaume-Uni, Allemagne) proposant un partage territorial 51/49 entre la Fédération croato-bosniaque et la Republika Srpska. En février 1994, l'ultimatum de l'OTAN aux forces serbes assiégeant Sarajevo marque un durcissement français obtenu par Juppé. Cependant, la prise en otage de casques bleus français en 1995 et le massacre de Srebrenica (juillet 1995) révéleront les limites de la FORPRONU et de la diplomatie française.
La guerre de Bosnie (1992-1995) fait rage en plein cœur de l'Europe. La FORPRONU, censée protéger les populations civiles, est impuissante face aux offensives serbes. La France de Mitterrand est critiquée pour sa proximité supposée avec la Serbie. La cohabitation complique la conduite de la politique étrangère, Balladur cherchant à se distinguer de Mitterrand sur ce dossier.
Reforme
Plan Balladur — Bosnie
novembre 1994
Aucun effet de bord documente
Contribution militaire significative de la France au maintien de la paix en Bosnie, sauvant des vies civiles dans les zones protégées par la FORPRONU
Échec à empêcher les massacres de civils bosniaques, dont le génocide de Srebrenica en juillet 1995, malgré la présence de casques bleus dans la région
Confusion des responsabilités entre président et Premier ministre en cohabitation, nuisant à la lisibilité de la politique étrangère française
La France a été l'un des rares pays européens à engager ses troupes sur le terrain en Bosnie, assumant le risque humain du maintien de la paix. L'ultimatum de Sarajevo (février 1994) a montré que la France pouvait être un acteur diplomatique décisif. Le groupe de contact a préparé les accords de Dayton.
La politique française en Bosnie a été ambiguë et inefficace. La FORPRONU a servi d'alibi pour ne pas intervenir militairement contre les Serbes. Le refus français de lever l'embargo sur les armes destinées aux Bosniaques les a laissés désarmés face aux milices serbes. Srebrenica est un échec collectif auquel la France a contribué.
Ministère de la Défense — La contribution française à la FORPRONU en ex-Yougoslavie
Samy Cohen, « La cohabitation et la politique étrangère : confusion au sommet », Politique étrangère, 1994
Vie-publique.fr — Plan Balladur — Bosnie
Source de verification : Vie-publique.fr
675 réformes vérifiéesvia Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources