Lancement du premier Plan Cancer national avec 70 mesures, porté personnellement par Jacques Chirac comme grand chantier du quinquennat.
Le 24 mars 2003, Jacques Chirac annonce le Plan Cancer, l'un des « trois grands chantiers » du quinquennat aux côtés de la sécurité routière et du handicap. Ce plan quinquennal comprend 70 mesures articulées autour de six axes : prévention (lutte contre le tabac avec forte augmentation des prix, limitation de l'alcool), dépistage organisé (cancer du sein, côlon), soins (création de pôles régionaux de cancérologie, réseau de soins), recherche (création de l'Institut national du cancer — INCa), accompagnement du patient (dispositif d'annonce, accès aux soins de support), formation des professionnels. Le plan bénéficie d'un financement de 500 millions d'euros supplémentaires. La création de l'INCa en 2004 dote la France d'une agence nationale de pilotage de la recherche et de la politique de lutte contre le cancer, sur le modèle du National Cancer Institute américain. Le Plan Cancer est considéré comme l'une des réussites du quinquennat Chirac et sera prolongé par un Plan Cancer 2 (2009-2013) et un Plan Cancer 3 (2014-2019).
Le cancer est la première cause de mortalité en France avec 150 000 décès par an. La recherche française en cancérologie est sous-financée et éclatée. La canicule de 2003 révélera les faiblesses du système de santé. Chirac choisit le cancer comme cause présidentielle personnelle, influencé par la mort de sa fille Laurence.
Reforme
Plan Cancer (2003)
mars 2003
« Faire de la lutte contre le cancer un des grands chantiers du quinquennat »
Source : Discours de politique générale de Jean-Pierre Raffarin, juillet 2002
Écart entre promesse et réalisation
La promesse est largement tenue avec un plan ambitieux et la création de l'INCa.
Généralisation du dépistage organisé du cancer du sein : 2,5 millions de femmes dépistées par an dès 2005
Hausse massive des prix du tabac (+ 40 % entre 2002 et 2004) contribuant à une baisse de 12 % des ventes de cigarettes
Création de l'Institut national du cancer (INCa) en 2004, structurant la recherche française en cancérologie
Financement insuffisant au regard des ambitions : seuls 500 millions d'euros supplémentaires pour un plan qui en nécessitait davantage selon les experts
Le développement du marché noir de cigarettes et des achats transfrontaliers atténue l'effet des hausses de prix du tabac
Le Plan Cancer est un modèle de politique publique ambitieuse, avec des objectifs chiffrés, un pilotage centralisé (INCa) et des résultats mesurables. La hausse des prix du tabac a sauvé des milliers de vies. [Donnees factuelles : Femmes dépistées annuellement (cancer du sein) : 2500000 femmes par an ; Hausse massive des prix du tabac (+ 40 % entre 2002 et 2004) contribuant à une baisse de 12 % des ventes de cigarettes : 82 → 72 milliards de cigarettes par an.]
Le Plan Cancer reste insuffisant face à l'ampleur du problème. Les moyens sont limités, les inégalités de santé persistent, et la prévention est sacrifiée au profit du dépistage et du curatif.
Présidence de la République — Plan Cancer 2003-2007
INCa — Rapport d'activité 2004-2005
OFDT — Tabac : évolution des ventes et de la consommation 2002-2004
Vie-publique.fr — Plan Cancer (2003)
Source de verification : Legifrance — Voir le texte officiel
675 réformes vérifiéesvia Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources