Plan de 8 milliards d'euros pour sauver l'industrie automobile française et accélérer la transition vers le véhicule électrique.
Annoncé le 26 mai 2020 par Emmanuel Macron depuis l'usine Valeo d'Étaples (Pas-de-Calais), le plan de soutien à la filière automobile mobilise 8 milliards d'euros pour répondre à la crise du Covid-19 qui a provoqué un effondrement de 89 % des immatriculations en avril 2020. Le plan combine mesures d'urgence et accélération structurelle de la transition vers le véhicule électrique et hybride. Les mesures phares incluent : le doublement de la prime à la conversion (jusqu'à 5 000 euros), un bonus écologique porté à 7 000 euros pour l'achat d'un véhicule électrique neuf (le plus élevé d'Europe), une prime à la casse de 3 000 euros pour les véhicules thermiques récents (Crit'Air 1 et 2), un prêt garanti de 5 milliards d'euros à Renault, et un fonds de modernisation de 200 millions d'euros pour les sous-traitants. En contrepartie des aides publiques, Renault s'engage à maintenir ses sites industriels français et à développer la production de véhicules électriques en France (Zoé, Mégane E-Tech). Le plan fixe l'objectif d'un million de véhicules électriques et hybrides produits en France d'ici 2025. Si les mesures d'urgence ont soutenu la reprise des ventes, l'objectif de production n'est pas atteint : la France reste en retard par rapport à l'Allemagne sur l'électrification industrielle.
Le confinement de mars-mai 2020 a paralysé les usines automobiles et effondré les ventes. La filière automobile représente 400 000 emplois directs et 900 000 emplois indirects en France. Le plan s'inscrit dans la continuité de la stratégie européenne d'interdiction de la vente de véhicules thermiques neufs en 2035 et de la concurrence chinoise sur les véhicules électriques.
Reforme
Plan relance automobile
mai 2020
« Nous ferons de la France le premier producteur de véhicules propres en Europe. »
Source : Emmanuel Macron, discours d'Étaples, 26 mai 2020
Écart entre promesse et réalisation
Le plan a accéléré les ventes de véhicules électriques mais la France n'est pas devenue le premier producteur européen.
Forte hausse des ventes de véhicules électriques : de 6 % à 15 % des immatriculations neuves entre 2020 et 2022
Maintien des sites industriels Renault en France, avec l'annonce de la production de la Mégane E-Tech à Douai
Effet d'aubaine : la prime à la casse a subventionné des achats de véhicules thermiques récents, retardant paradoxalement la transition énergétique
Le prêt garanti de 5 milliards à Renault n'a pas empêché des suppressions d'emplois significatives (plan d'économies de 2 milliards incluant 4 600 suppressions de postes en France)
Hausse du prix moyen des véhicules neufs, les modèles électriques étant plus chers, créant un problème d'accessibilité pour les ménages modestes
Le plan a sauvé la filière automobile française de l'effondrement tout en accélérant la transition vers le véhicule électrique. Les aides conditionnées ont permis de maintenir l'emploi industriel et d'orienter les investissements vers la mobilité propre. [Donnees factuelles : Forte hausse des ventes de véhicules électriques : de 6 % à 15 % des immatriculations neuves entre 2020 et 2022 : 6 → 15 % des immatriculations neuves.]
Le plan subventionne une industrie qui n'a pas su anticiper la transition écologique, avec des aides insuffisamment conditionnées. Le maintien de primes pour les véhicules thermiques est contradictoire avec les objectifs climatiques, et le prêt garanti à Renault a financé des restructurations plutôt que la transition.
Plan de soutien à la filière automobile, dossier de presse, 26 mai 2020
Prêt garanti par l'État à Renault, accord du 4 juin 2020
Vie-publique.fr — Plan relance automobile
Source de verification : Legifrance — Voir le texte officiel
675 réformes vérifiéesvia Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources