Premier plan de sauvetage public du Crédit Lyonnais, banque nationalisée en quasi-faillite après une expansion incontrôlée, coût final estimé à 15 milliards d'euros pour le contribuable.
Le Crédit Lyonnais, première banque française par le total de bilan, est au bord de la faillite en 1993 après une décennie d'expansion frénétique et de prises de risques incontrôlées sous la présidence de Jean-Yves Haberer (1988-1993). La banque nationalisée en 1982 a accumulé des pertes colossales (6,9 milliards de francs de pertes en 1993) dans l'immobilier, le cinéma hollywoodien (MGM), les participations industrielles et les financements douteux. En mars 1994, le gouvernement Balladur lance un premier plan de sauvetage en recapitalisant la banque à hauteur de 4,9 milliards de francs et en créant une structure de cantonnement des actifs toxiques (le Consortium de réalisation, CDR). Ce premier plan sera suivi de deux autres (1995, 1997). Le coût total du sauvetage pour le contribuable est estimé entre 15 et 20 milliards d'euros, faisant du Crédit Lyonnais le plus grand scandale financier français du XXe siècle. L'affaire met en lumière les défaillances de la gestion publique des banques nationalisées et sert d'argument aux partisans de la privatisation du secteur bancaire.
Le Crédit Lyonnais, nationalisé en 1982, a mené sous Jean-Yves Haberer une stratégie de croissance effrénée, doublant son bilan en cinq ans. L'éclatement de la bulle immobilière mondiale (1990-1993) et les mauvais investissements dans le cinéma et l'industrie précipitent la catastrophe. Le gouvernement est contraint d'intervenir pour éviter un risque systémique bancaire.
Reforme
Sauvetage Crédit Lyonnais
mars 1994
Évitement d'une faillite bancaire systémique qui aurait déstabilisé l'ensemble du système financier français
Coût colossal pour le contribuable : entre 15 et 20 milliards d'euros au total sur la période 1994-2006
Scandale d'État révélant les carences de la tutelle publique sur les banques nationalisées et les conflits d'intérêts entre État actionnaire et État régulateur
L'affaire du Crédit Lyonnais devient l'argument massue des partisans des privatisations bancaires, accélérant la privatisation du secteur bancaire français dans les années 1990-2000
Le sauvetage était indispensable pour éviter une crise bancaire systémique. Laisser le Crédit Lyonnais faire faillite aurait provoqué un effet domino sur l'ensemble du système financier français et européen. L'État a assumé sa responsabilité d'actionnaire ultime.
Le désastre du Crédit Lyonnais est le fruit de la gabegie publique : nominations politiques à la tête de la banque, absence de contrôle, mégalomanie des dirigeants. Le contribuable paye pour les erreurs d'une banque publique mal gérée. C'est la preuve que l'État est un mauvais banquier. [Donnees factuelles : Coût colossal pour le contribuable : entre 15 et 20 milliards d'euros au total sur la période 1994-2006 : 0 → 17 milliards d'euros.]
Cour des comptes — Rapport sur le Crédit Lyonnais : un bilan définitif
Commission d'enquête parlementaire sur le Crédit Lyonnais, rapport, 1994
Vie-publique.fr — Sauvetage Crédit Lyonnais
Source de verification : Legifrance — Voir le texte officiel
675 réformes vérifiéesvia Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources