Plan de formation de 500 000 demandeurs d'emploi supplémentaires en 2016, doublant l'effort de formation pour les chômeurs.
Annoncé lors de ses vœux aux acteurs économiques le 18 janvier 2016, le plan d'urgence pour l'emploi de François Hollande comprend la mise en formation de 500 000 demandeurs d'emploi supplémentaires au cours de l'année 2016, doublant le nombre de formations financées par l'État et les régions. Le plan est doté d'un budget de 1 milliard d'euros, financé par des redéploiements au sein de Pôle emploi et des crédits du plan d'investissement dans les compétences. Les formations ciblent les secteurs en tension (numérique, bâtiment, industrie, hôtellerie-restauration) et les demandeurs d'emploi de longue durée. Le plan est intimement lié à la promesse d'inversion de la courbe du chômage, condition sine qua non posée par François Hollande pour sa candidature à un second mandat. L'objectif quantitatif de 500 000 formations est atteint fin 2016 (496 000 entrées en formation), mais la qualité des formations et leur efficacité sur le retour à l'emploi durable sont contestées. Certains observateurs dénoncent un « traitement statistique du chômage », les demandeurs d'emploi en formation sortant temporairement des statistiques de la catégorie A.
Le chômage atteint 10,2 % fin 2015. François Hollande a conditionné sa candidature à la réélection à l'inversion de la courbe du chômage. Le compte personnel de formation (CPF), créé en 2015, monte encore en charge trop lentement. L'inadéquation entre l'offre de formation et les besoins du marché du travail est un problème structurel.
Reforme
Plan 500 000 formations
janvier 2016
« François Hollande : « Si le chômage ne baisse pas d'ici 2017, je ne me représenterai pas » »
Source : Conférence de presse du 18 septembre 2014
Écart entre promesse et réalisation
Le plan de formation est un moyen d'agir sur les statistiques du chômage. L'inversion de la courbe interviendra fin 2016-2017, mais avec une contribution discutée du plan de formation.
496 000 entrées en formation en 2016, objectif quantitatif quasi atteint, doublant l'effort de formation des demandeurs d'emploi
La qualité des formations est contestée : formations courtes peu qualifiantes, faible adéquation avec les besoins des entreprises dans de nombreux cas
Soupçon de traitement statistique du chômage : les demandeurs d'emploi en formation sortent de la catégorie A, améliorant artificiellement les chiffres
Le plan a saturé les capacités des organismes de formation, entraînant une baisse de la qualité pédagogique et des formations précipitées
La formation des demandeurs d'emploi est un investissement dans le capital humain, pas un traitement statistique. Dans une économie en mutation technologique, la montée en compétences est indispensable. Le plan a permis à des centaines de milliers de chômeurs d'acquérir des qualifications correspondant aux besoins du marché, contribuant à la baisse du chômage constatée à partir de 2016. [Donnees factuelles : 496 000 entrées en formation en 2016, objectif quantitatif quasi atteint, doublant l'effort de formation des demandeurs d'emploi : 250000 → 496000 entrées en formation.]
Le plan 500 000 formations est un artifice politicien visant à sortir des demandeurs d'emploi des statistiques avant l'élection de 2017. La moitié des formations sont courtes et peu qualifiantes. Le taux de retour à l'emploi durable après formation est inférieur à 50 %. Le vrai levier pour l'emploi est la réforme du marché du travail, pas le saupoudrage de formations.
DARES — Bilan du plan 500 000 formations supplémentaires, 2017
Pôle emploi — Rapport annuel 2016, volet formation
Vie-publique.fr — Plan 500 000 formations
Source de verification : Legifrance — Voir le texte officiel
675 réformes vérifiéesvia Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources