Refonte de la doctrine policière privilégiant la présence territoriale, l'îlotage et le dialogue avec les habitants dans les quartiers.
Le déploiement de la police de proximité, lancé expérimentalement en 1998 puis généralisé en 1999-2002 par Jean-Pierre Chevènement (puis Daniel Vaillant), constitue la réforme la plus ambitieuse de la doctrine policière depuis la création de la Police nationale. Le concept repose sur trois piliers : la territorialisation (chaque policier est affecté à un secteur géographique dont il devient le référent), la polyvalence (les policiers assurent prévention, dissuasion et primo-intervention) et le partenariat (travail avec les élus, associations, travailleurs sociaux, éducation nationale).
La France connaît une hausse continue de la délinquance depuis les années 1980, en particulier dans les quartiers sensibles. Le modèle policier français, centralisé et répressif, est critiqué pour son éloignement des populations. Le concept de community policing, expérimenté avec succès dans plusieurs pays anglo-saxons (New York, Londres), inspire la réforme. Le rapport Peyrefitte sur la violence (1977) avait déjà recommandé une police de proximité.
Reforme
Police de proximité
juin 1998
« Rapprocher la police des citoyens et développer l'îlotage dans les quartiers »
Source : Programme de la gauche plurielle, 1997
Écart entre promesse et réalisation
Promesse tenue dans sa mise en œuvre mais la réforme n'a pas le temps de produire ses effets : supprimée par Sarkozy en 2003, elle est évaluée de manière contradictoire.
Amélioration mesurable de la relation police-population dans les 67 sites expérimentaux, avec une hausse de la confiance des habitants et une meilleure connaissance du terrain par les policiers
Augmentation de la présence policière visible sur le terrain grâce au redéploiement de 7 000 policiers des tâches administratives vers le terrain
La généralisation trop rapide (2001-2002) ne permet pas une formation adéquate des policiers, engendrant des résistances internes et une application très inégale selon les commissariats
Absence de résultats statistiques tangibles sur la baisse de la délinquance, l'insécurité restant au cœur du débat présidentiel de 2002 avec le choc du 21 avril
L'insécurité devient le thème dominant de l'élection présidentielle de 2002, contribuant à l'élimination de Jospin au premier tour et à la victoire du discours sécuritaire de Chirac-Sarkozy
La police de proximité est la seule doctrine policière capable de rétablir la confiance entre la police et la population dans les quartiers populaires. Les évaluations des sites pilotes montrent des résultats encourageants. Elle a été supprimée trop tôt par Sarkozy pour être évaluée équitablement. Tous les pays qui l'ont adoptée (Royaume-Uni, Canada, Scandinavie) en ont tiré des bénéfices durables.
La police de proximité est une utopie de sociologues déconnectés de la réalité du terrain. Les policiers ne sont pas des travailleurs sociaux. La délinquance se combat par l'interpellation, l'élucidation et la sanction, pas par le dialogue et la médiation. Les résultats statistiques de la police de proximité sont inexistants, et l'insécurité a continué d'augmenter sous Jospin.
Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur, démantèle la police de proximité et impose la culture du résultat et la politique du chiffre.
Ministère de l'Intérieur — Bilan de la police de proximité, 2002
IHESI — Évaluation de la police de proximité, 2001
Sebastian Roché — La Police de proximité, Seuil, 2005
Vie-publique.fr — Police de proximité
Source de verification : Legifrance — Voir le texte officiel
675 réformes vérifiéesvia Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources