Accélération de la construction de logements sociaux avec l'objectif de 500 000 logements par an, dont une part croissante en accession à la propriété.
Le gouvernement Chaban-Delmas intensifie la politique de construction de logements engagée depuis les années 1950 pour répondre à une demande toujours soutenue par la croissance démographique, l'urbanisation et l'amélioration du niveau de vie. La loi du 16 juillet 1970 modifie les règles de financement du logement social et renforce les moyens des organismes HLM. L'objectif est d'atteindre 500 000 logements construits par an, dont un rééquilibrage en faveur de l'accession à la propriété plutôt que du seul logement locatif social. Le gouvernement favorise les « grands ensembles » de banlieue, héritant de la politique gaulliste, mais commence à en percevoir les limites : la circulaire Guichard du 21 mars 1973 (sous Messmer) interdira les ensembles de plus de 500 logements. Le VIe Plan (1971-1975) prévoit des investissements massifs dans le logement, représentant environ 7 % du PIB. La politique du logement de cette période contribue à la transformation rapide du paysage urbain français, avec la construction de villes nouvelles (Évry, Cergy-Pontoise, Saint-Quentin-en-Yvelines, Marne-la-Vallée, Villeneuve-d'Ascq).
La France connaît une urbanisation accélérée. Le baby-boom et l'immigration de travail alimentent une demande massive de logements. La production annuelle dépasse déjà 400 000 logements mais reste insuffisante face aux besoins.
Reforme
Relance du logement social (HLM)
juillet 1970
« Construire massivement des logements pour répondre à la crise du logement »
Source : Programme de campagne de Georges Pompidou, 1969
Écart entre promesse et réalisation
L'objectif quantitatif est globalement atteint, mais la qualité architecturale et urbanistique des grands ensembles fait l'objet de critiques croissantes.
Atteinte de l'objectif de 500 000 logements construits par an en 1972-1973, record historique jamais égalé depuis
Amélioration significative des conditions de logement des Français : accès au confort moderne (salle de bain, chauffage central, WC intérieurs)
Dégradation rapide des grands ensembles de banlieue, devenus des lieux de relégation sociale et de concentration de la pauvreté
Médiocrité architecturale de nombreuses constructions, privilégiant la quantité à la qualité
Ségrégation socio-spatiale croissante : les classes moyennes quittent les grands ensembles pour la maison individuelle en périurbain, tandis que les populations les plus fragiles y restent
L'effort de construction massif des années 1970 a résorbé la crise du logement héritée de l'après-guerre et permis à des millions de Français d'accéder à un logement décent, avec un confort moderne qui n'était auparavant réservé qu'aux classes aisées. [Donnees factuelles : Atteinte de l'objectif de 500 000 logements construits par an en 1972-1973, record historique jamais égalé depuis : 420000 → 546000 logements/an.]
La politique du tout-béton et des grands ensembles a créé les « quartiers » qui concentrent aujourd'hui chômage, pauvreté et insécurité. En privilégiant la quantité, l'État a fabriqué les ghettos de demain et négligé la mixité sociale.
Loi n° 70-612 du 10 juillet 1970 tendant à faciliter la suppression de l'habitat insalubre
INSEE — La construction de logements 1960-1980
VIe Plan — volet logement
Source de verification : Legifrance — Voir le texte officiel
675 réformes vérifiéesvia Légifrance, EUR-Lex et sources officielles. Corrélation ≠ causalité. Méthodologie & sources